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Même morts, ils mordent

Cette exposition suisse sur le trafic d’animaux donne chaud au cœur mais froid dans le dos.

Elle devait s’arrêter là mais vous aurez finalement un poil plus de temps pour la découvrir : l’exposition « Morts ou vifs, le trafic d’animaux », organisée par le Musée d’Histoire Naturelle de Berne en Suisse est prolongée jusqu’à la fin mai 2017.

Y figurent des objets de trafic confisqués par les douanes (chose rare, les spectateurs pourront, nous précise le communiqué de presse, « toucher une fourrure précieuse ou une défense en ivoire afin de pouvoir comprendre la fascination que de telles marchandises peuvent produire »), organisée autour de pièce savamment mises en scène : l’aéroport et sa « boutique à souvenirs », où l’on pourra « apprécier » les objets illégaux que se procurent en toute innocence des touristes, la douane, où l’on découvre les méthodes des trafiquants, une armoire à glace innocente en apparence et s’ouvrant en réalité sur un entrepôt rassemblant peaux de serpents, statuettes, coquillages rares…

Derrière chaque objet, précise encore le musée, « il y a un animal, une histoire, de la souffrance, des problématiques sociales, économiques et écologiques […] Les frontières se brouillent entre le bien et le mal, le noir et le blanc […] Ce qu’illustre, par exemple, le cas du varan malais : l’espèce est protégée mais son commerce est autorisé tant qu’il ne menace pas ses populations. En Asie du Sud-Est, ce saurien, qui peut atteindre trois mètres de longueur, est intensivement pourchassé. Son cuir est entre autres utilisé pour la fabrication des bracelets de montre. Les animaux sont souvent tués et écorchés dans des conditions brutales. Mais la chasse au varan constitue un revenu pour la population pauvre [et] si le commerce en était interdit, les animaux sauvages ne seraient plus considérés comme une source de revenus, mais comme des bêtes nuisibles qu’il s’agirait d’exterminer ».

Infos pratiques, tarifs et horaires sur le site du Musée d’Histoire Naturel de Berne, ici.

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