Horoscope

Votre horoscope tribal du 27 novembre au 3 décembre

Slaughterbots film robots tueurs
Image extraite de "Slaughterbots", © YouTube / Future of Life Institute

Chaque semaine, la revue de presse internationale de Postap Mag, sous forme d’horoscope tribal.

Le signe de la semaine : Drone

Sont-ce les jours qui raccourcissent qui donnent des idées noires aux réalisateurs de la vidéo Slaughterbots ?

Non. C’est la tenue, le 17 novembre à Genève, d’une réunion d’experts de 80 pays, consacrée à la question des « systèmes d’armement autonomes et létaux ».
Ou, pour le dire plus simplement, des robots tueurs.

Une possibilité technique, d’ores et déjà entre nos mains, et qui inquiète le Future of Life Institute, producteur de la vidéo ci-dessous, réalisée pour l’occasion, et pour faire prendre conscience aux décideurs comme aux citoyens de l’urgence d’agir contre l’adoption et la prolifération d’armements de ce genre.

film anticipation drones assassins

Image extraite de « Slaughterbots », © YouTube / Future of Life Institute

 
Les auteurs y imaginent un drone pas plus grand qu’une main, totalement autonome, muni de charges explosives. « Programmez-le comme vous voulez », explique le sympathique marchand d’armes qui présente son innovation sous les applaudissements de l’assistance. « Pour vous débarrasser des méchants, pour viser ceux qui ont utilisé un hashtag particulier sur leurs réseaux sociaux par exemple… Éradiquez une idéologie là où elle commence » (sous-entendu : en faisant sauter les cerveaux).

On vous prévient : la vidéo est assez effroyable. Mais elle mérite d’être vue, car il est possible d’agir. Comment ? En partageant, en alertant, en pétitionnant, en contactant les élu(e)s de tous bords…

Un site concentre les initiatives destinées à éviter de voir advenir un monde où chacun et chacune d’entre nous sera à la merci d’un pays, d’une organisation quelconque, ou même d’un simple individu, et de ses machines.

Ce site, c’est Autonomous Weapons, que vous trouverez en cliquant ici.

Via Seeker.

Misophone

Chaque mardi, entre 10h30 et 11h30 du matin… C’est le moment où les supermarchés Coles, en Australie, ont décidé de réduire l’éclairage de 50 %, de couper la radio, de baisser au maximum le volume des caisses enregistreuses et des scanners, et de prévoir un renfort de personnel.

Autrement dit, c’est l’heure à laquelle les personnes souffrant d’autisme peuvent faire plus facilement leurs courses, dans une quarantaine de magasins sur tout le territoire australien.

L’initiative est le fruit d’un partenariat avec l’association Autism Spectrum Australia (Aspect), dont la manager opérationnelle, Lizzy Coyle, explique : « Les personnes souffrant d’un trouble du spectre autistique ont très souvent des difficultés à traiter les informations sensorielles, et ils ou elles peuvent vite se sentir submergées par les sons, la lumière, les odeurs, ou ce que leur transmettent leurs sens du goût et du toucher. »

Bien entendu, les magasins restent ouverts à toutes et tous. Les misophones (hypersensibles au bruit), grands calmes ou tout simplement allergiques à la radio de supermarché, restent les bienvenues, et les bienvenus, pour faire leurs achats en toute tranquillité.

Via SBS

Consommateur

De la pub, vous en voulez ? OUAIIIIIIS ! En couleur, animée, et en vidéo à chaque coin de rue ? Euhhhhhh…

Alors, cela vous concerne : la mairie de Paris s’apprête en effet à engager la révision de son Règlement Local de Publicité, ouvrant la question de la présence future d’écrans vidéo de publicité dans les rues de la Ville Lumière. Le, plus drôle en est la raison invoquée par le Conseil de Paris, qu’on imagine à peine inspirée des lobbies du mobilier urbain :

« La possibilité d’introduire les technologies les mieux adaptées, comme les écrans numériques, pour permettre la diffusion de messages d’information, quelle qu’en soit la nature, devra donc être examinée sous cette double préoccupation de qualité du paysage et d’efficacité économique. Elle devra être aussi examinée sous l’angle de la contribution de ces technologies à la réalisation des objectifs du plan climat air énergie territorial, compte tenu de l’importance des déplacements en véhicules à moteur qui pourraient être économisés grâce à la télégestion que la mise en œuvre de ce type de procédé permet. »



N’y voyez surtout pas de mauvais esprit si nous avons choisi d’illustrer ce paragraphe sur la consommation par ce film tout juste sorti sur Vimeo, signé Lubomir Arsov, et qui parcourt les réseaux sociaux à la vitesse d’un répliquant de Blade Runner depuis quelques jours…

Les écrans contre la pollution ? Difficile à croire… Du moins d’après le collectif Résistance à l’Agression Publicitaire qui s’est penché sur ce sophisme brillant. Retrouvez ici son analyse des conséquences environnementales de cette technologie.

Alien

Pas certain que cela vous préoccupe, mais cette semaine, la Terre a décidé de s’intéresser à vous pour autre chose que savoir si vous voulez nous réduire en esclavage ou au contraire nous aider à guérir le cancer.

C’est du moins le cas de l’écrivain et philosophe Richard Scott Bakker, qui a fait paraître dans le Journal of Consciousness Studies un long article intitulé « On Alien Philosophy ». Son but ? En imaginant une race mystérieuse mais, comme nous, faite d’un corps et d’une conscience, tente de deviner, en toute liberté, les divers développements que leur philosophie aurait pu suivre… Cela pour mieux distinguer les étapes inévitables, ou au contraire contingentes, du développement de notre propre mode de pensée. La philosophie est-elle un chemin tout tracé, avec ses impasses inévitables, dues au fonctionnement même de notre cerveau et du monde où il évolue ? Ou d’autres chemins, encore mystérieux, peuvent, pourront, auraient pu se développer ?

Ça se lit en anglais, mais c’est disponible en intégralité (contre un abonnement gratuit au site de partage de recherches Academia.edu), ici. Vous pouvez également retrouver le blog de Scott Bakker là.

Via le Journal of Consciousness Studies.

Nostalgique

Mille cinq cent ans avant Jésus Christ. c’est le moment où fut enterré un mystérieux guerrier de l’âge de bronze grec, dont la tombe fut exhumée voilà deux ans. Mais ce n’est que ce mois-ci que les archéologues révèle un ouvrage extrêmement délicat, un sceau d’à peine 3,5 centimètres de haut, représentant une scène de bataille.

« Ce qui est fascinant », explique le couple d’archéologues à l’origine de cette découverte, les professeurs Shari Stocker et Jack Davis de l’université de Cincinnati, « c’est que la représentation du corps humain et de sa musculature est d’un niveau de détail qu’on ne retrouvera pas avant l’époque classique de la Grèce antique, mille ans plus tard.« 

On vous laisse admirer.

Sceau guerrier griffon Grèce

“The Combat Agate from the grave of the Griffin Warrior at Pylos » © Hesperia 86:583-605.

 
Les spécialistes pourront retrouver tous les détails de cette découverte, et de la longue restauration qui a permis de retrouver l’œuvre originale sous le calcaire qui la recouvrait, dans le numéro de novembre de la revue Hesperia.

Mais vous pouvez déjà en apprendre un tout petit peu plus sur le blog Découvertes Archéologiques, ici.

Via Atlas Obscura.

Soldat

Les mois à venir s’annoncent fructueux pour vous. Alors que semble s’achever la guerre civile de Syrie, les forces en présence préparent l’après. Un remarquable article de Jacques Massey sur Slate nous aide à en comprendre les tenants et aboutissants : islamistes, loyalistes, démocrates, mais surtout Turcs, Russes, Américains, Iraniens et Kurdes, veulent bien aussi leur part du gâteau, fruit de leurs avancées sur le terrain, fait d’anciennes ou enviées zones d’influence, de champs de pétrole et de terres agricoles.

Négociations en coulisses, redéploiement des troupes sur places, casus belli affirmés, tout y est disséqué, expliqué, illustré. Pas besoin de théories de complot pour comprendre comment fonctionne le monde, il suffit de ce genre d’articles, informés et précis, qu résument les réels intérêts des multiples parties qui composent notre planète. On saisit ainsi là où les gouvernements se complètent ou s’opposent, avec toujours moins d’importance accordée à l’idéologie qu’à l’influence, aux ressources, au pouvoir.

À lire absolument pour comprendre les prochains conflits -politiques ou militaires, c’est encore à voir- qui pourraient une seconde fois dévaster la région dans un avenir proche.

C’est à lire, donc, juste ici.

A propos de l'auteur

Julien Millanvoye

Julien Millanvoye est écrivain et fondateur de Postap Mag. Derniers ouvrage : « J’ai un Métier ! » (Editions Globe).