Horoscope

Votre horoscope tribal du 04 au 11 décembre

Parvana enfance Afghanistan film
Parvana, Une Enfance en Afghanistan, Capture d'écran du Trailer © YouTube/GKids

Chaque semaine, la revue de presse internationale de Postap Mag, sous forme d’horoscope tribal.

Le signe de la semaine : Citoyen

Citoyens, d’assez mauvaises nouvelles vous arrivent du Brésil (du moins si votre truc c’est la protection de la planète, l’égalité, et/ou l’éthique), notamment avec la remise en cause de nombreuses zones protégées de la déforestation et une loi travail excessivement radicale promue par un Président non élu et sur lequel pèsent de très fort soupçons de corruption (comme d’ailleurs sur ses prédécesseurs, Lula et Dilma Rousseff) et crédité d’un royal 3 % d’opinions favorables dans le pays.

Comment en est-on arrivé là, dans ce pays qui voilà quelques années à peine semblait prendre le leadership d’une économie du sud alternative et forte et incarnait les espoirs des progressistes du monde entier ?


 
C’est la question à laquelle essaient de répondre (en anglais), Talita Tanscheit et Thaly Pogrebinschi, deux chercheuses en sciences sociales basées à Rio et Berlin, respectivement, sur Open Democracy. Cause majeure de cette régression généralisée d’après elles : un recul de la participation, de l’engagement citoyen dans les affaires du pays, que ce soit par le biais d’associations, d’élections, de conseils de quartier, de débats publics.

« Les deux piliers principaux sur lesquels reposaient les innovations institutionnelles du Brésil -une reconnaissance institutionnelle très complète de la participation citoyenne et une société civile renforcée- n’ont pas suffit à éviter que son système de démocratie participative [mis en place par le président Lula] soit réduit en poussière en moins d’un an […] Dès qu’il s’est agi [pour le nouveau gouvernement] de confisquer ces institutions participatives pour empêcher que la société civile ne puisse y exercer le pouvoir, les lois en vigueur n’ont pas été suffisantes pour leur conserver un rôle politique. »


 
Si vous aussi vous voulez savoir comment, simplement, on peut confisquer la démocratie et faire régresser un pays de deux décennies en moins d’un an, vous pouvez lire l’article en entier ici.

Rat

Les rats sont à l’honneur dans la très sérieuse publication américaine The Atlantic ! Et plus précisément par l’intermédiaire du généticien Matthew Combs, de l’université de Fordham, qui a tracé la carte génétique de ces joyeux compagnons à quatre pattes qui pullulent sous nos pieds.


 
Sa conclusion est sans appel : à Manhattan, il y a des rats du nord et des rats du sud. The Atlantic précise : « Ce n’est pas que le centre-ville (Midtown) soit dépourvu de rat -une telle idée est inconcevable- mais plutôt que ce quartier commercial est assez dépourvu en détritus ménagers (donc en nourriture) et en arrière-cours (donc en abri), que les rats adorent. Et comme ces rongeurs, au long de leur vie, ne se déplacent que de quelques pâtés de maisons, les rats du nord (uptown) et les rats du sud (downtown) se mélangent très peu. »

« Si vous me donnez un rat, je peux vous dire s’il vient de East Village ou de West Village », se félicite encore Matthew Combs, « il y a en fait des quartiers pour les rats comme pour nous ».

carte rats adn new york

À gauche, la répartition de rats du nord et du sud à Manatthan. A droite, les migrations estimées des mêmes animaux © Combs et al. / Molecular Ecology

Son espoir est que ces recherches aident à lutter contre ces animaux, très présents à New York. Comme le relève (toujours cité par le même article) le New York Times : « Nous en sommes au 109° maire de New York et, semble-t-il, à peu près autant de plans destinés à se débarrasser de cette vermine. À ce stade, le score est de 108 à 0. »

Un grand bravo à nos rongeurs dégueulasses préférés, venus avec les Européens par bateau sur un continent où ils n’existaient tout simplement pas il y a encore 400 ans.

Via The Atlantic.

Taliban

Que se passe-t-il, en Afghanistan, quand vous êtes une jeune fille dont le père est arrêté par les Talibans ? Sachant que, en tant que femme, vous n’avez pas le droit de sortir seule, ni de travailler, une solution pour, simplement, se nourrir, est de se couper les cheveux et se faire passer pour un garçon afin de gagner votre pain quotidien.

Telle est en tout cas la décision prise par Parvana, l’héroïne de 11 ans du film d’animation irlandais The Breadwinner, tiré d’un roman de Deborah Ellis.


 
« L’Afghanistan a une histoire géopolitique tellement complexe que je ne voulais pas faire un documentaire », explique la réalisatrice, Nora Twomey. « Je voulais écrire une histoire qui soit celle d’une famille et de la force d’une seule jeune fille, et de l’espoir, et de ce que vous faites quand votre monde s’écroule du jour au lendemain. C’était cela, pour moi, le plus important. »

Actuellement en salle en Amérique du Nord, le film sortira en France en juin 2018 sous le titre Parvana, une enfance en Afghanistan. Plus d’infos sur thebreadwinner.com.

Via FastCompany

Cyberpunk

Crypto-anarchistes, pucés en tous genres ou simples amateurs d’un genre littéraire décrivant un futur toujours plus sombre, pollué et désuni, sachez que le futur avance à pas de géant.

C’est en tout cas ce que porte à croire une récente déclaration de Rex Tillerson, le Secrétaire d’État (Ministre des Affaires Étrangères) américain, relevée par le Business Insider :

« L’ensemble de la région Arctique -du fait des conséquences déroulant de l’ouverture de nouveaux passages maritimes (du fait de la fonte des glaces, ndlr), d’un point de vue économique mais aussi de sécurité nationale- est d’une importance vitale pour les intérêts de notre pays […] Les Russes en ont fait une priorité stratégique et les Chinois construisent des tankers brise-glaces, comprenant l’importance de ces nouveaux passages. Nous, les États-Unis, nous sommes en retard. »

Arctique exploitation futur

Carte de la région arctique extraite du CIA World Factbook, CC Wikimedia Commons

 
Comme chacun cherche son chat, chaque nation cherche aujourd’hui ses tankers brise-glaces lourds, seul moyen de contrôler efficacement cette immense région qui borde le Pôle Nord et devient peu à peu accessible au transport, à la recherche, au forage, bref, à la navigation, donc à l’exploitation industrielle et commerciale.

Pour information, d’après les chiffres donnés par le Business Insider, le tableau des scores, en ce début décembre 2017, serait le suivant :

– Russie : 40 brise-glaces opérationnels, dont 4 lourds  ;
– Finlande : 7, dont aucun lourd ;
– Suède : 6, dont aucun lourd ;
– Canada : 6, dont aucun lourd ;
– États-Unis : 1 scientifique et 3 militaires, dont 2 seulement opérationnels (1 lourd -en bout de course, car mis en service en 1976 pour une durée de vie approximative de 30 ans- et 1 moyen) ;
– Chine : 3 brise-glaces légers + 1 en construction (c’est le seul de ces pays à n’avoir pas de côte directement en contact avec l’Arctique).

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Une vue du Polar Star, le seul brise-glace lourd opérationnel américain, CC Quartier-Maître de Première Classe George Degener / Wikimedia Commons (2015)

 
Ce qui explique le récent discours de Rex Tillerson et la volonté de la marine américaine, si le budget leur est accordé, de faire construire trois brise-glaces lourds de plus dans les dix à quinze ans qui viennent (à un milliard de dollars l’un).

Et alors, enfin, nous aurons peut-être la réponse à la question qui préoccupe vraiment ces dirigeants mondiaux : alors, qui a le plus gros brise-glace ?

Via Business Insider.

Sapiens

Si vous avez des origines d’homo sapiens, ceci vous concernera. Une découverte étonnante faite par une étude génétique réalisée sur 450 volontaires du monde entier, qui fait encore se gratter la tête à Melissa Wilson Sayres, biologiste à l’université d’Arizona : il y a 8 000 ans, et semble-t-il partout dans le monde, un ratio de dix-sept femmes pour un homme parvenaient à transmettre leurs gènes à leurs descendants. Autrement dit, à se reproduire.

Ratio reproduction hommes femmes préhistoire

Le nombre d’hommes (à gauche) et de femmes (à droite) s’étant reproduites dans l’histoire humaine © Monika Karmin et al./Genome Research

 
L’époque correspondant à l’invention de l’agriculture à l’échelle globale, les auteurs de l’étude penchent pour une cause culturelle à cette pression génétique d’un type nouveau. Ce serait la première ainsi identifiée, restant à confirmer. Pour l’instant, la piste étudiée est que les ressources auraient été appropriées par toujours moins d’hommes, en contraignant toujours plus à mourir sans avoir pu se reproduire (ou sans que leurs enfants soient arrivés à l’âge de la fertilité).

Mais cela ne dit pas pourquoi ou comment les femmes auraient pu être à ce point épargnées par le phénomène. L’enquête ne fait que commencer.

Via Pacific Standard.

Sapiens Sapiens

De son côté, Alison MacIntosh, anthropologue à Cambridge, s’est penchée sur les os de femmes de communautés un peu plus tardives, de l’époque néolithique, dans les 5 000 ans précédent l’époque moderne.

Ce qui l’a guidée pour sa part, c’est une simple, très simple idée. Si l’on voit encore souvent la répartition des tâches entre hommes et femmes de l’époque comme physiques pour les premiers et domestiques pour les secondes, c’est que les os des femmes sont toujours plus fins que ceux des hommes. Mais quand on dit toujours, c’est toujours. C’est systématique, c’est biologique. Donc, en fait, cela ne nous apprend rien sur le travail qu’ils et elles effectuaient réellement.

Son idée toute simple, par conséquent, c’est de comparer les os des femmes du Néolithique jusqu’au Moyen-Âge (94 exactement, tous issus d’Europe Centrale), à ceux, non d’hommes de l’époque, mais de femmes d’aujourd’hui (83 précisément), menant des vies différentes (sédentaires ou sportives).


 
Et sa découverte est sans appel : il y a 7 000 ans, les femmes avaient des os des bras de 11 à 16 % plus forts que ceux d’actuelles pratiquantes intensives d’aviron (3 000 ans plus tard, ce ratio tombe à 9 à 13 %, toujours en faveur de nos ancêtres). Ce qui ne peut signifier qu’une chose  ces dames non seulement travaillaient dur, mais surtout dès leur enfance, quand les os sont encore en croissance.

Les os des jambes, eux, sont soit plus faibles que ceux de femmes actuelles, soit plus forts que ceux de coureuse professionnelles. Trace, ici, d’une stricte division des tâches entre celles qui avaient à parcourir de longues distances « pour surveiller le bétail qui paissait ou chercher de l’eau » et celles qui se déplaçaient peu, « passant sans doute leurs journées à broyer du grain pour en faire de la farine », précise l’anthropologue.

Via The Verge.

A propos de l'auteur

Julien Millanvoye

Julien Millanvoye est écrivain et fondateur de Postap Mag. Derniers ouvrage : « J’ai un Métier ! » (Editions Globe).