À Chamurol-sur-Baize, l’utilisation de viande à kebab comme appât à zombies fait polémique

Plusieurs responsables politiques estiment que l'utilisation de nourriture halal plutôt que de cochonnaille pour divertir des zombies lors d'un récent assaut de ces monstres cannibales constitue un danger pour la république.

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Par un communiqué publié ce matin dans la presse locale, Jeanne Meurette de la Motte-Poivre-Robin, élue (RN) au Conseil Municipal de la localité de Chanmurolle sur Baize, s’est émue de l’utilisation « avec l’accord du maire », de viande à kebab comme appât à zombies, « en lieu et place de notre saucisson traditionnel, pourtant reconnu comme l’un des meilleurs de la région et tout à fait présent, et en grande quantité, dans la salle des fêtes ».

Ce mardi 28 juin, en effet, les 23 habitants et habitantes qui ont trouvé refuge dans la salle polyvalente André Mauriac de Chanmurol-sur-Bèze ont jeté plusieurs kilos de viande à kebab sous les fenêtres, afin d’attirer les zombies qui les assiègent depuis plusieurs jours et de tenter une sortie pour se réapprovisionner en essence et en médicaments, ainsi qu’en eau potable.

Plus tôt dans la matinée, un vote avait eu lieu pour décider la quantité et la forme de nourriture qui serait lancée par les fenêtres dans l’espoir de faire diversion et d’effectuer cette sortie qui s’est soldée par un échec (les créatures de la nuit ne semblant pas attirées par la viande à kebab, et n’ayant donc pas relâché leur vigilance).

La décision d’utiliser le stock d’agneau plutôt que de porc a été prise lors d’un vote collégial, à l’unanimité moins deux voix.

« C’est une véritable honte », a réagi ce matin sur France Inter Daniel Raude, professeur d’EPS à Versailles, qui faisait le promotion de son livre La Matraque pour Tous :  Filles à cheveux courts et garçons à cheveux longs. « Alors que Chanrolle [sic] est une terre d’histoire et de traditions, et dispose d’une charcuterie d’excellente qualité, que j’ai moi-même testée à plusieurs reprises, que ces zadistes de sous-préfecture aient porté leur choix sur de la barbaque, excusez du terme, mais moi j’appelle ça de la barbaque, voilà, importée d’Espagne qui plus est, c’est choquant c’est tout ! Je le dis. »

Joint par téléphone, le maire (Divers Droite) Jean Lhuret, qui fait partie des assiégés, a expliqué à l’AFP : « C’est-à-dire vous comprenez, on n’a presque plus rien à manger… Quand on s’est sauvé chacun a pris ce qu’il a pu, et le saucisson, ben… ça peut se manger comme ça, alors que la viande que Mohammed a emportée sous ses deux petits bras, crue, ben… C’est pas terrible, même dangereux. C’est pour ça qu’on a préféré se garder le saucisson pour nous, même s’il commence à être un peu sec. »

Au cours de l’appel, il a également réfuté le terme de « ZAD » —« Ça n’a rien à voir avec une ZAD, c’est plutôt, comment dire, un genre de zone à défendre »— puis il a appelé à l’aide à plusieurs reprises, rappelant qu’il estimait « urgent, maintenant », d’envoyer sur place des forces de gendarmerie afin de résoudre rapidement cette crise.

Invité à commenter ces événements dans son interview au magazine de droite nationaliste Louise Michel, l’écrivain Bruno Le Maire, également Ministre des Finances, a répliqué sèchement : « Moi, je veux bien qu’on appelle toujours l’État à l’aide, et on peut toujours sauter sur sa chaise en criant « L’État, l’État, l’État » mais, si vous me le permettez, j’aimerais revenir sur notre projet de réforme des retraites qui sera voté par la nouvelle assemblée —et je m’y engage— avant le quinze août. »

De son côté, la NUPES a publié un communiqué commun pour faire état de leurs divergences. En off, quelques cadres de La France Insoumise ont confirmé leur volonté d’agir « urgemment, aussi vite que Jean-Luc se sera exprimé à ce sujet ». 

Par ailleurs, une tribune signée dans France Soir par Bernard Dauge, le célèbre ventriloque dont la marionnette Joséphine a assuré les plus belles heures du Club Dorothée, ainsi que les propos d’un médecin de campagne lors d’une interview sur la chaîne YouTube « Alter et Native » Caporal, ont semé le trouble au sein du groupe de 14 survivants (9 ont péri depuis le début de la rédaction de cet article). Selon eux, les morts-vivants seraient en réalité des « sionistes » déguisés, « conformément aux méthodes du Mossad », en « mordeurs » pour faire appel aux mythes « issus, comme chacun sait, des pires traditions du vaudou macumba » et ce afin « de diviser les Français et rendre possible la mise en place imminente du Great Reset qui arrive très bientôt. »

Interrogé en marge de son déplacement au sommet de l’OTAN sur la possibilité de voir les zombies se répandre plus avant dans le pays (chaque personne mordue par un zombie se transformant à son tour en zombie), Emmanuel Macron a su faire preuve de clarté, en pointant que « La France est une terre de bâtisseurs. C’est le pays de Louis Pasteur, de Charles Maurras et de Richard-Lenoir. »

Jointe par l’AFP, la direction de l’usine de parapluies Vesquer & Fils, qui est à l’origine de la création des zombies « pour tenter de produire de la main d’œuvre à bon marché, vus les prix des jeunes et tout », comme l’avait annoncé son CEO Clotaire du Haut en novembre dernier, s’est refusée à tout commentaire, se bornant à rappeler que si des sanctions devaient être prononcées « contre son expérimentation agile et innovante », cela menacerait des dizaines d’emplois, « dont au moins trois de personnes complètement vivantes ».

Rappelons que pour l’instant, le fait qu’un peu partout dans le monde les morts sortent de leurs tombes pour dévorer les vivants ne présente ni risques ni inquiétude majeure à ce stade.

En effet, il est désormais avéré que les zombies peuvent simplement être arrêtés non seulement d’une balle dans la tête, mais aussi en leur détruisant leur cerveau de quelle que manière que ce soit.

L’incinération totale dans les quinze minutes suivant un décès de tout type est par ailleurs vivement encouragée, afin d’éviter que le trépassé ne vienne grossir l’armée des morts.

En cas de morsure par un proche, l’immolation par le feu est conseillée ou, à défaut, le suicide par défenestration (du quinzième étage, au moins, d’un bâtiment HLM typique).

Enfin, le ministère de la santé et de la prévention a adapté ses préconisations ce matin, pointant : « En cas d’assaut, il est recommandé de laisser d’abord fuir femmes et enfants, parce que, si l’autre entrée est aussi envahie et qu’ils sont contaminés, ils feront des zombies un peu moins forts physiquement en moyenne que les hommes, donc quand ceux-ci tenteront à leur tour de forcer le passage, ils auront plus de chances que si c’était le contraire. »

À 15 heures ce jour, toutefois, la situation semblait sous contrôle : les survivants de Chamurel-sur-Bèse sont encore une poignée et, d’après le docteur Didier Cocard, responsable du service Kinésithérapie de l’hôpital Notre-Dame-de-la-Miséricorde de Saint-Jean Cap-Ferrat, « vus qu’ils continuent sûrement à se décomposer, d’ici trois semaines les zombies ne seront rien de plus qu’un amas de chair putrescente qui réjouira surtout les mouches et les vers locaux. Ils feront même une excellent engrais ! Je crois que nous souffrons plus d’un déficit de zombies que d’un excès, si vous voulez mon avis » (que personne ne lui avait demandé).

G.R.

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