Télémédecine : l’exemple d’une start-up américaine repense la consultation médicale

Aux États-Unis, la start-up "Forward" veut revoir le principe même de la consultation médicale. Son credo : la prévention, grâce aux apports de la télémédecine et des applications de santé.

Temps de lecture : 6 minutes
Forward Exemple de télémédecine
© Forward

Article paru le 21/01/2017. Mis à jour le 28/04/2022.

Tout juste lancée avec une première clinique à San Francisco (et désormais, en 2022, présente dans 11 États), la start-up Forward est un bon exemple de ce que permet aujourd’hui la télémédecine… (En attendant les consultations dans l’espace par hologramme, dont on vous parlait ici).

La compagnie, qui revendique, pêle-mêle, les parrainages d’Eric Schmidt (l’ancien PDG de Google), de Ram Shriram (présenté comme « le premier investisseur de Google », du Président du Département de Médecine de l’Université de Californie San Francisco, Robert Wachter, ou du comédien (et investisseur d’Uber ou AirBnB Ashton Kutcher), repose sur une idée force : consulter son médecin quand on est malade, c’est bien… Mais être suivi efficacement quand on est en bonne santé, c’est mieux.

Un exemple de télémédecine : le suivi du cholestérol chez Forward
© Forward

Concrètement, Forward fonctionne par abonnement (149 dollars, soir environ 140 € par mois). Avec cela, vous passez une première consultation, éventuellement à distance, en mode high tech : analyse de vos données de santé primaires (poids, oxymétrie, température, tension), analyse sanguine, analyse génétique, analyse de l’historique médicale de la famille.

Parcours médical et preuve par l’exemple

De là, avec votre médecin, vous analysez vos risques et vos faiblesses, mais aussi tout ce que vous pouvez faire, au quotidien, pour vivre plus longtemps et en bonne santé, « comme perdre du poids, diminuer votre anxiété, améliorer votre sommeil », détaille le site.

Puis l’application suivra en permanence vos données de santé essentielles, en fonction de votre propre objectif, de votre plan « personnalisé », avec des rendez-vous médicaux réguliers. Elle peut aussi surveiller votre peau (pour détecter d’éventuels risques de cancer) ou votre santé mentale (bien-être, anxiété, dépression…).

Le tout vous permettant, bien entendu, d’échanger 24/24 et 7/7, par la messagerie de l’appli, avec le centre et votre praticien.

Vidéo de promotion de Forward.

Les prescriptions de médicaments arrivent à votre domicile, avec vos rappels vaccinaux, ou incitations à renouveler les examens réguliers, y compris en fonction de votre sexe de naissance (petit check de la prostate pour les uns, frottis pour les autres, dépistage de maladies sexuellement transmissibles et suivi de la contraception pour les deux).

Bien entendu, si, malgré toutes vos précautions, une maladie grave se déclare, ou qu’un accident vous arrive, il vous faudra alors basculer vers les services traditionnels de médecine, hôpitaux publics ou cliniques privées, services d’urgence ou salles de réanimation.

Bien bien ou bien mais pas top ?

Avec son tarif fixe de 149 dollars, au pays où une seule facture médicale inattendue peut ruiner une famille (ou, c’est selon, vous transformer en Baron de la Drogue à la Breaking Bad), Forward sait trouver les mots qui plairont aux Américains, aux Américaines… Et aux hypocondriaques (qui risquent cependant d’en faire quelques cauchemars !). Au premier trimestre 2022, la société revendiquait d’ailleurs 1/3 de sa clientèle comme ne bénéficiant pas d’assurance santé.

Bien sûr, il est trop tôt pour mesurer l’efficacité réelle du procédé —même si personne ne conteste l’importance de la prévention, du mode de vie, et des analyses sanguines ou autres indicateurs biométriques pour vivre plus longtemps et en meilleure santé.

Au fond, Forward, c’est un peu comme emménager chez son docteur. Ou plutôt, le faire emménager chez vous. À un détail près : ce qu’on dit à un médecin, ou ce qu’il vous dit, s’envole comme toute parole. Là, c’est l’intégralité de vos données de santé, au quotidien, mais aussi de vos modes de vie (temps de sommeil, addictions, régime alimentaire et sportif…) qui sont enregistrés en permanence… Et stockés.

Sur son site, étonnamment, Forward ne dit rien de ce qu’il advient de ces données… Du moins pas dans son menu, ni même dans sa FAQ. Il faut aller tout en bas en bas en bas du site pour trouver leur rapport à la confidentialité des données.

Bien entendu, Forward affirme respecter les lois en vigueur, et notamment la protection du secret médical (HIPAA). Celles-ci existant bien entendu au niveau fédéral comme des États —la Californie faisant partie des plus protecteurs, cependant.

/// Aller plus loin

Le projet est décortiqué en détail juste là, par la Technology Review (anglais).
La dernière levée de fonds, spectaculaire, de Forward est analysée ici par TechCrunch (anglais).
D’autres exemples de télémédecine innovante sont présentés sur Vie Publique ici ou sur le site de Philips là (français).

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