J’ai visité l’Enfer

En 1321, un Florentin de 56 ans, exilé à Ravenne du fait de sa participation active à la guerre civile des guelfes et gibelins, achevait un long poème que l’on ne peut qualifier autrement que “dantesque”. Dante Alighieri, car c’est bien de lui qu’il s’agit, dépeignait dans La Comédie sa visite imaginaire de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis en compagnie du poète Virgile.

Le poème a depuis marqué des générations et des générations par son imagination, ses visions, son érudition, ses allégories, la somme de savoir, de rêves et de cauchemars qu’il contient, mais aussi par sa géographie précise et extrêmement détaillée, des paysages qui, peut-être, nous attendent après la mort (mais peut-être pas).

C’est ce récit de voyage qu’a décidé d’illustrer, pour ce sept-centième anniversaire, le site Cities and Memories. Né en 2014, ce projet cartographie le monde sonore. Le vrai monde, cette fois : les villes et les campagnes, les pays et les métropoles, la vie des animaux, l’existence des humains.

Cliquez sur la carte pour écouter les sons du monde.

Au-delà de cette ambition, Cities and Memories héberge également des bibliothèques plus thématiques, consacrées aux lieux sacrés, à l’espace ou au confinement mondial de l’an dernier. Et donc, tout récemment, à l’Enfer vu par Dante.

L’Enfer se visite, littéralement : la carte des fameux 9 cercles s’ouvrira sous vos pas et, à mesure que vous descendrez, vous pourrez cliquer pour entendre les interprétations d’au moins deux artistes par lieu. Enfoncez-vous dans les limbes, écoutez les pluie de grêle s’abattant sur les gloutons, les râles des colériques —”Combien sont-ils là-haut, vivant comme des princes qui deviendront un jour des porcs dans le bourbier, laissant pour souvenir un horrible mépris ?”, écrit le poète—, les baisers fatals de la luxure (l’extrait choisi, cela va de soi, en ouverture de ce texte), jusqu’au centre de la Terre où Satan réside.

Si vous préférez des formats plus traditionnels, sachez que Cities and Memories a pensé à vous et réutilisé ces créations sonores pour illustrer le film italien muet de 1911 consacré au premier chant du texte inoubliable.

Enfin, bien entendu, un album est également disponible, “pour emporter avec vous les sons de l’Enfer où que vous alliez” mais, si vous faites partie des gens qui l’écoutent en allant par exemple au boulot le matin, nous vous conseillons plutôt de prendre quelques jours de repos et de consulter d’urgence : Dieu vous le rendra.

Visitez l’Enfer d’un clic en vous rendant sur citiesandmemories.com/inferno.

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