En Angleterre, 20 millions de dollars pour former des chirurgiens via la réalité virtuelle

Une start-up anglaise gagne le jackpot pour son logiciel de formation à la chirurgie par la réalité virtuelle.

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© NASA

La VR ne sert pas qu’à s’amuser, tchatter, travailler et voyager. Elle est aussi un outil bientôt indispensable à la formation à des spécialités aussi complexes que la chirurgie.

C’est en tout cas l’avis des fonds d’investissement EQT Life Sciences et Downing Ventures, qui viennent d’injecter, au total, 20 millions de dollars dans la start-up anglaise FundamentalVR, à l’occasion de sa deuxième levée de fonds.

Développée en 2015, FundamentalVR a en effet développé un logiciel de formation aux chirurgies complexes en réalité virtuelle, et a surtout breveté son propre système de « retour haptique » (le fait de procurer à un utilisateur, par le biais de la manette, la sensation qu’il se heurte à un obstacle, par exemple) à même d’équiper des gants, des scalpels, des pinces… Et autres ustensiles dont il est sans doute préférable d’ignorer le nom comme l’usage.

Sur son site, la boîte décrit ainsi sa « mission » : « Nous nous situons à l’intersection des technologies immersives, haptiques et de l’apprentissage automatique. Nous avons la conviction que la technologie immersive peut changer pour toujours les interfaces humain/machine, transcender les géographies et accélérer le business [Sic]. Nous sommes enthousiastes à l’idée de mettre cette conviction au service de l’industrie de la santé ».

Pour fêter tous ces millions, FundamentalVR a invité un journaliste de Gizmodo, site de référence dédié aux technologies contemporaines, à tester sa création.

« À l’inverse des autres systèmes haptiques qui ne peuvent reproduire qu’une gamme limitée de sensations, et généralement assez mal, la plateforme d’apprentissage développée par FundamentalVR arrive à transmettre le côté caoutchouteux des muscles d’une jambe, le froid et la dureté du métal, ou la résistance abrasive d’un os, à la perfection. Je peux en témoigner, car j’ai passé une bonne minute trente à juste donner des petits coups dans la partie graisseuse de la cuisse, vu que je suis un journaliste professionnel. »

Pour toutes ces prouesses, dont l’extrait ci-dessus n’offre bien sûr qu’un très maigre échantillon, FundamentalVR a également reçu l’approbation de l’Université Royale de Chirurgie, qui forme chaque année 30 000 professionnels, et qui a probablement banni à vie Mack DeGuerin, le reporter de Gizmodo, s’ils sont allés au bout de son article et ont donc découvert sa vision très personnelle d’une opération de la cataracte (qui n’est pas sans rappeler la traumatisante scène d’ouverture d’Un Chien Andalou, vous voilà prévenu).

Suivez ce lien pour découvrir le reportage (en anglais) consacré par Gizmodo à l’expérience FundamentalVR.

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