Recherche : le robot poisson ne craint pas l’eau (ni la pression, ni le froid, ni la nuit)

Nous sommes en 2021, et toute la planète est explorée. Toute ? Non. Une immense partie du globe nous demeure encore et toujours inconnue : les profondeurs sous-marines.

Certes, nous plongeons, nous savons plonger, et nous plongeons loin, et bas. Mais on en sait encore très peu. Un quart, tout au plus (comme l’expliquait Gabriel Gorsky, directeur de recherche au laboratoire d’océanographie de Villefranche-sur-Mer au Monde, en 2012). Or, outre la fascination naturelle que suscitent l’inconnu et le mystère, ces recherches ont encore beaucoup à nous apprendre sur l’origine et la diversité de la vie, sur l’évolution et même, sans doute, sur l’énergie.

Remercions donc l’équipe du Docteur Guorui Li, de l’université du Zhejiang dans l’est du pays, qui est parvenue à faire descendre, et activer, un robot poisson au plus profond des océans, au bout de la Fosse des Mariannes, à 10 900 mètres de profondeur. Inspirée de la limace de mer (Lien Wikipedia), la créature nage déjà tranquillement à 3 kilomètres de profondeur, comme l’ont montré les premiers tests menés par les chercheurs dans le lac de Fuxian (et la vidéo en haut de l’article). Pour cette nouvelle expérience, ils et elles l’ont donc immergée au plus profond des Mariannes, attachée à un ROV (Définition sur Wikipedia) et ont pu l’activer, sur sa propre source d’énergie, pendant 45 minutes non-stop, au cours desquelles elle a, inlassablement, battu des nageoires , non grâce à un moteur mais à des muscles artificiels en élastomère.

Les scientifiques, après avoir publié leur papier dans Nature, sont aussitôt retournés au travail. Leur prochain défi consiste, naturellement, à débrider la laisse et laisser l’engin s’ébattre librement, en dépit des puissants courants, mal connus, qui traversent la zone. Car pour résister à la pression locale intense (1 000 fois celle que nous connaissons au quotidien environ), leur création est toute, toute molle.

Ainsi, ses futurs exploits pourraient non seulement nous en apprendre beaucoup sur les plus grandes énigmes de l’humanité, mais aussi redorer l’image de la limace, qui mérite mieux que les stéréotypes qui lui collent au mucus (certains la dégustent d’ailleurs à la crème, mais on vous conseille d’attendre que l’effondrement soit beaucoup, beaucoup plus grave pour essayer — si vous désirez noter la recette au cas où, vous la trouverez chez les fadas de Hortus Pocus).

Liens utiles :
– L’étude parue dans Nature,
– Son décryptage (en anglais) dans The Conversation,
– L’article consacré par Futura Sciences au film produit par le troisième humain à avoir atteint la Fosse des Mariannes, James Cameron (qui d’autre ?).


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