Au Massachusetts, on économise l’eau sur les panneaux solaires

Nettoyer les panneaux solaires consomme énormément d'eau à l'échelle du globe. À Boston, une équipe de chercheurs a une piste pour changer ça.

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Boston Recherche Panneaux Solaires
© NASA

Les panneaux solaires c’est bien (oui), c’est beau (si si) et c’est sale (eh oui !).

Mais genre : vraiment sale, comme l’a récemment rappelé une équipe du Massachusetts Institute of Technology (MIT), menée par Sreedath Panath et Kripa Varanasi, qui promet justement de résoudre le problème.

Car c’est un gros, gros problème. En un seul mois, rappellent les chercheurs, la poussière accumulée peut diminuer de 30 % le rendement d’un panneau solaire. Et déjà, leur nettoyage consomme, au total, près de 40 milliards de litres d’eau par an —assez d’eau potable pour 2 millions de personnes.

À cela, plusieurs solutions. La plus évidente serait bien sûr de re-designer génétiquement l’être humain pour le rendre un peu moins consommateur de cette substance qui sert aussi, rappelons-le, à refroidir les centrales nucléaires, à maintenir le bétail en suffisamment bonne santé pour qu’il reste mangeable et à distraire les poissons. Parce que quand même, à près de 150 litres par jour et par personne, qu’est-ce qu’on consomme !

Mais le MIT propose une autre piste, plus banale peut-être, mais aussi plus, nous dit-on, « faisable. »

Eau Krystian Tambur Unsplash
De l’eau dans son élément naturel (l’eau).
© Krystian Tambur / Unsplash

L’électricité statique à la rescousse

L’idée est d’utiliser l’électricité statique pour, tout simplement, repousser la poussière. Décrit par le bureau de presse du MIT, et traduit par nos confrères d’Enerzine, ça peut s’expliquer comme ça :

« Le nouveau système utilise la répulsion électrostatique pour que les particules de poussière se détachent et sautent virtuellement de la surface du panneau, sans avoir besoin d’eau ou de brosses. Pour activer le système, une simple électrode passe juste au-dessus de la surface du panneau solaire, communiquant une charge électrique aux particules de poussière, qui sont ensuite repoussées par une charge appliquée au panneau lui-même. Le système peut fonctionner automatiquement à l’aide d’un simple moteur électrique et de rails de guidage situés sur le côté du panneau. »

Compte-rendu vidéo de la recherche par le MIT.

Alors oui, c’est une très bonne nouvelle, cette technologie, certes au stade expérimental, mais testée dans des conditions extrêmement variées (pour différents types de poussière et dans des taux d’humidité allant de 5 à 95 %).

Mais bien sûr, comme l’idée de sauver, non pas le monde mais notre survie dans le monde, ne suffira pas à convaincre de l’expérimenter à grande échelle et à la déployer, la publication rappelle dans son introduction que, en plus, la trouvaille permet d’économiser du pognon.

Du pognon dans son élément naturel.
CC Matt92300 / Wikimedia Commons

Économie d’argent et d’énergie

Les chercheurs citent ainsi à leur appui une étude allemande selon laquelle « même dans les meilleurs scénarios, le salissement [des panneaux] réduit [actuellement] la production mondiale d’énergie solaire de 3 à 4 %, ce qui représente 3 à 5 milliards d’euros de perte en revenus annuels ». Or le nettoyage à l’eau, en lui-même, représente 10 % du coût total d’une installation (et les plus grandes structures sont et seront accueillies dans des milieux désertiques où l’eau, il faut bien aller la chercher, en camion).


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La méthode électrostatique a déjà été imaginée, et explorée, par d’autres études. L’une des auteurs de la recherche, Kirpa Varanasi, les tacle gentiment dans le communiqué de presse annonçant leur découverte :

« Les systèmes testés jusqu’ici ont des défauts qui laissent entrer la moisissure, ce qui finit par les arrêter complètement. Ils pourraient donc être très utiles, sur Mars par exemple. »

Nous conseillons à leurs inventeurs de contacter Elon Musk pour les lui vendre : il aura bien besoin d’alimenter son iPod en énergie quand il sera là-bas, là haut, seul, et vieux.

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