Et toujours, la ville flottante avance

Prototype ville flottante OCEANIX Busan
La future plateforme d'accueil et d'hébergement d'OCEANIX Busan. © OCEANIX/BIG-Bjarke Ingels Group.

Ce sera donc elle. La première ville flottante conçue pour s’adapter au changement climatique, et à la montée des eaux qu’il provoque.

Ou plus exactement, c’est lui : le premier prototype de ville flottante, dévoilé ce 26 avril au siège des Nations Unies à New York.

OCEANIX Busan est son petit nom. OCEANIX, de l’entreprise américaine éponyme, dont la seule raison d’être est la construction de villes flottantes. Busan, de la cité coréenne de 3,6 millions d’habitants (familière aux amateurs de zombies), au sud de la péninsule, qui accueillera le bébé.

Annoncée fin 2021 à grands renforts de concept-arts rêveurs, ses travaux doivent commencer cette année pour une livraison en 2025. Cette semaine donc, le projet parrainé par le programme des Nations Unies ONU-Habitat est passé à la phase supérieure, avec la présentation de son prototype finalisé.

3 quartiers pour 12 000 habitants

Concrètement, les 6 hectares imaginés pourront accueillir 12 000 âmes, réparties en 3 quartiers autosuffisants où seront possibles, entre autres, l’agriculture urbaine, le recyclage des déchets, le traitement des eaux usées.

À droite sur l’image ci-dessous, la plateforme d’accueil, destinée aux visiteurs et aux touristes. « Chambres avec vue sur le port, repas bios, terrasses communes et serres ensoleillées », écrit OCEANIX.

Vue aérienne OCEANIX Busan
© OCEANIX/BIG-Bjarke Ingels Group.

À gauche, « un pôle de de co-working et de recherche marine, doté au rez-de-chaussée d’un jardin d’hiver partagé. L’atrium central, à l’abri des hivers froids de Busan, cultive de la nourriture sous la forme de tours hydroponiques. »

Enfin, au centre, la plateforme d’habitation. 4 à 5 étages répartis en 6 hexagones, 8 500 mètres carrés de surface, 20 mètres de hauteur.

Un monde conçu pour s’étendre

L’aspect clairement modulaire d’OCEANIX Busan est l’un des aspects fondamentaux du concept. La ville doit pouvoir s’étendre et être répliquée un peu partout dans le monde : l’ONU-Habitat n’a pas laissé passer cette occasion de rappeler que « le défi est colossal. Dans le monde, 2 personnes sur 5 vivent à moins de 100 kilomètres des côtes, et 90 % des mégapoles sont mises en danger par la montée des eaux. »

Elle précise encore : « Les inondations détruisent des milliards de dollars d’infrastructures et forcent des millions de réfugiés climatiques à délaisser leur foyer. Ces villes n’ont pas d’espace pour s’agrandir. La croissance rapide de la population urbaine pousse les habitants de plus en plus près des eaux, augmente les prix du logement à des coûts prohibitifs, et chasse les plus pauvres. »

OCEANIX Busan Vue depuis la côte
© OCEANIX/BIG-Bjarke Ingels Group.

Le maire de Busan, Park Heong-joon, a pour sa part rappelé que la ville s’était donnée comme credo « la première du futur », qui implique la transformation de l’agglomération en « ville verte intelligente »… par ailleurs candidate pour accueillir l’Exposition Universelle de 2030.

La première exposition du futur

L’Exposition Universelle de 2030. En voici une qui, au bout des huit ans de changements dramatiques qui s’annoncent partout dans le monde, pourrait enfin ressembler à la promesse d’un avenir meilleur… Ou à son enterrement.

Pour rappel, six villes sont d’ores et déjà candidates. La première à se porter volontaire fut Moscou avec —ce n’est pas une plaisanterie— pour thématique « Progrès de l’Humanité. Vision partagée pour un Monde d’Harmonie. »

Odessa, en Ukraine, est aussi sur les rangs et propose comme thème « Renaissance. Technologie. Futur. »

Enfin, se portent volontaires Busan, donc, et son « Transformer notre monde, naviguer vers un avenir meilleur », Rome pour « Personnes et territoires : Régénération urbaine, inclusion et innovation » et, enfin, depuis octobre dernier, Riyad, la capitale de l’Arabie Saoudite avec son sympathique « L’Ère du Changement : Conduire le Monde vers des lendemains clairvoyants. »

Vue la conception qu’a le royaume islamiques des droits humains, nous ne sommes pas pressés-pressés.

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