Création

PostAp, pote des mutants

Mutante Garden Party Interview

Conseil survivaliste : en cas d’apocalypse (ou même avant d’ailleurs) pensez bien, si vous vous aventurez à l’extérieur, à copiner avec les mutants. Ces derniers ne méritent pas la mauvaise presse dont ils sont parfois victimes, souvent simplement due au fait qu’ils pratiquent la communication à leur manière.

La preuve ? C’est ce qu’on a fait : PostAp aura un “corner” à la Mutante Garden Party de ce samedi 8 juin à Paris. Ce qui nous donne l’occasion de lever un coin du voile sur un événement qui s’annonce surréel…

Nos amis de La Spirale – le magazine des mutants – organisent prochainement un événement festif en banlieue parisienne. Ça a l’air super. Mais c’est déjà presque complet, et ils ne cherchent pas à faire de la publicité. Pour les respecter, on ne vous en dira donc pas plus, ni sur le lieu, ni sur la date, ni sur le programme (enfin, si vous cherchez vraiment, vous trouverez). Mais Laurent Courau, organisateur de l’événement et fondateur de ce magazine culturel nous donne quelques pistes sur l’esprit du lieu.

PostAP Mag. La programmation de l’événement est éclectique. Quel est le lien entre un écrivain américain de science-fiction, des squatteurs à Aubervilliers et le carnaval sauvage ?
Laurent Courau. La Spirale a toujours brassé des univers différents : de la folle extravagante au milliardaire excentrique ou au punk à chien : toutes les cultures et tous les styles s’y retrouvent, pour autant qu’ils sont underground. Cette diversité est intrinsèque à ce que nous sommes, et le line-up de l’événement correspond à cet esprit. Il inclut des anciens issus de la contre-culture des années 1970, des squatteurs, des activistes queer ou cyberpunk. Le lieu est même ouvert aux enfants.

Mutante Garden Party Spirale

P.M. Un événement de 7 à 77 ans, ca fait publicité pour Tintin et c’est surprenant de la part de La Spirale, non ?
L.C. Trop souvent, dans la vie réelle, on se laisse enfermer dans la même uniformité que celle que les algorithmes de Facebook nous imposent sur les réseaux. On reproduit à l’identique, on se tient au chaud entre semblables. Bref, on reste entre soi. Avec Ira Benfatto (La Spirale) et les amis de la Gare XP, nous avions envie d’aller à l’opposé, de susciter des surprises et d’explorer les différences, pour laisser la possibilité de l’imprévu. C’est pourquoi nous avons fait cette programmation ouverte. L’idée est justement de ne pas faire une sélection trop serrée pour laisser se rencontrer des univers différents.

P. M. C’est une dimension que veut explorer La Spirale ?
L.C. L’événement correspond à la sortie de notre nouveau magazine, Mutation, sous forme de dazibao : des affiches à lire. Il correspond à une évolution profonde : La Spirale a été créée dans les années 90, quand Internet était un nouvel espace, une nouvelle frontière sauvage qu’il fallait investir. Maintenant le Net est fliqué et sclérosé, il faut revenir au papier. Le nouvel espace à investir, c’est le réel, la ville. Il faut entamer un nouveau dialogue, créer un nouveau partage – dans le monde réel.
Et à mon avis les gens attendent ça : de la fraicheur, de la luminosité et de la différence.

L’événement reste non communiqué… Sauf sur le site de La Spirale, que vous pouvez lire ici.