Pisteur de l’improbable depuis bientôt 25 ans, Laurent Courau, fondateur du « e-zine pour mutants digitaux » La Spirale, a enquêté sur les mouvements alternatifs du monde entier. Postap lui a demandé quelques conseils pour ne pas devenir fou dans un monde de dingue(s).

Chaque jour que Dieu (dé)fait, s’agite en coulisses, en souterrain, derrière, dessous, demain, bref, partout et invisible, un monde empli d’énergie, d’idées, de ressources. On l’appelle le plus souvent l’underground ou la contre-culture. Ces deux dernières décennies, aucun média français ne l’a couvert plus sérieusement, plus respectueusement, et avec plus de constance que le site internet La Spirale. C’est la raison pour laquelle nous avons souhaité rencontrer son fondateur, Laurent Courau, journaliste éclectique pour dire le moins, afin qu’il nous raconte ses aventures au sein des marges les plus folles et étonnantes de la planète, et nous transmette quelques-uns de leurs messages ou, plutôt, nous fasse bénéficier des conseils et enseignements qu’il tire de plus de vingt ans passés à explorer l’art surgi des bas-fonds.

Désormais établi à la mystérieuse et sublime « Demeure du Chaos » près de Lyon, le toujours fringuant auteur et réalisateur, nous propose une plongée sans précédent dans les myriades d’idées et de solutions qui s’élaborent chez les artistes et les « freaks » en tous genres, chez ces âmes audacieuses dont les expérimentations doivent être plus que jamais entendues, et comprises comme des ébauches d’un avenir possible, d’une pensée adaptée au monde chaotique qui se prépare (ou, à dire vrai, est déjà là). Ce sont peut-être les seules, authentiquement, qui peuvent nous aider à nous ressaisir… Ou à saisir cette désormais bien étrange réalité qui est la nôtre. Depuis le décès de Jean-François Bizot, il y a un nouveau « pape de l’underground », selon l’expression consacrée, et il s’appelle Laurent Courau. Interview joyeuse, détendue et tournée vers l’avenir.

interview laurent courau portrait

© David de White

 

Une vie de contre-culture

Julien Millanvoye.Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? Comment vous définiriez-vous ?
Laurent Courau. Quand on me pose la question, je réponds que j’écris des bouquins et que je réalise des films. Et qu’à côté de ça, je publie La Spirale depuis 25 ans. Au départ sous la forme d’un fanzine vidéo, puis d’une lettre d’information photocopiée et enfin d’un fanzine électronique, disponible sur Internet depuis l’automne 1995. Le site célébrera donc son vingt-troisième anniversaire à la rentrée prochaine et fait partie des plus vieux médias indépendants de l’Internet français.

Au travers de ces activités, je me suis beaucoup intéressé aux phénomènes culturels souterrains, aux marges. À ce qui s’agite loin des objectifs des médias de masse. D’abord parce que sont des espaces de liberté où les artistes, les musiciens, les créateurs et les activistes de tous types opèrent sans se préoccuper des normes, des impératifs commerciaux et de la pensée dominante de leur époque. Ce qu’illustre la richesse des œuvres produites de tous temps dans ces milieux bohèmes.

Et ensuite, parce que c’est parmi ces originaux, ces excentriques, que l’on peut détecter de nombreux signaux faibles annonciateurs du futur de nos sociétés. On peut prendre l’exemple passionnant et méconnu du phreaking, le piratage des réseaux téléphoniques né aux États-Unis dans les années 1960. Un phénomène typiquement underground, pratiqué par une poignée de bricoleurs maniaques qui n’en a pas moins devancé, puis influencé la culture du hacking avec deux décennies d’avance.

Mais on peut aussi citer en vrac le mouvement punk et la culture hip hop, la techno de Detroit, la house music des clubs gays latinos de Chicago, le street-art, le tatouage, les raves illégales de la grande ceinture londonienne qui ont inspiré les free-parties du monde entier, l’univers du surf, le skateboard, le nouveau végétarisme, etc. Autant de phénomènes culturels essentiels, apparus loin des galeries huppées, des bureaux de l’industrie du divertissement, des rédactions et des plateaux de télévision.

Cet intérêt m’a amené à travailler sur de projets tels que Vampyres, un livre publié dans la collection Pop cultures chez Flammarion et un film éponyme, produit par Avalanche Productions, sur des individus et des communautés qui vivent comme des vampires à New York, en Europe et au Japon. Mais aussi à collaborer avec Thierry Ehrmann et la Demeure du Chaos, les journaux Libération et Le Monde, Radio Nova, l’émission Tracks sur Arte, Microsoft France et bien d’autres. Comme quoi le punk mène à tout !

Et enfin, pour terminer cette présentation, je me considère un peu comme nomade. J’ai ce besoin de déménager régulièrement, de changer de ville et de pays afin de maintenir mon cerveau éveillé, qui me vient de mon enfance. Au fil des années, j’ai ainsi eu la chance de vivre à Rome, au Maroc, à Benghazi en Libye, en Grèce, en Inde, à New York dans l’East Village, en Suisse, etc. « Il n’avait nulle part, c’est à dire partout, où aller, alors il roulait sa bosse sans trêve sous les étoiles » écrivait Jack Kerouac dans Sur la route.

interview la spirale sticker mutant

© La Spirale

 
J.M. Sur quel(s) projet(s) travaillez-vous en ce moment ?
L.C. Actualité un peu chargée avec la conclusion prochaine des Sources Occultes, à la fois une web-série et un long-métrage de fiction, réalisés dans le cadre de la Demeure du Chaos. Quelque chose comme un conte fantastique pour adulte, surréaliste et horrifique, empreint d’ésotérisme, dont la totalité des épisodes sera consultable gratuitement sur Internet au début du mois de juin. Avant que le film ne sorte à son tour dans le courant de l’été, avec des projections dans des festivals de cinéma à la rentrée 2018, puis durant l’automne et l’hiver prochains.

Également un nouveau livre, hybride entre l’enquête et le récit de voyage qui sortira début 2019 chez Inculte. Il y est question du XXI° siècle et de notre avenir. En passant par les bas-fonds et les haut-fonds de la planète, depuis la brousse vaudou béninoise jusqu’à Majnu-ka-tilla, le ghetto tibétain de Delhi, des côtes libyennes à Cologny, le quartier des milliardaires en bordure de Genève. Il y aura de la sorcellerie, du sexe, des technologies et des laboratoires de pointe, des punks et des transhumanistes, de la violence, des ultra riches et des très pauvres, des artistes, des péripatéticiennes et des marginaux. La vie, quoi… version gonzo !

Et puis, toujours en chantier (bien avancé), Jusqu’ici tout va bien. Un film documentaire sur Lionel « Foxx » Magal, personnage incontournable de l’underground français, compagnon de route de Jean-François Bizot (fondateur de Actuel et Radio Nova, également évoqué dans nos pages par la co-fondatrice de la revue Hey !, ndlr), présent depuis les origines du magazine Actuel et les premières heures de Radio Nova, hippie de la grande époque qui fit la route de l’Inde dans les bus de la Hog Farm, cofondateur du groupe Crium Delirium, qui a joué sur scène avec Captain Beefheart et les Mothers of Invention, le réalisateur Jonas Mekas, Daevid Allen de Soft Machine, La Monte Young ou Jean-Luc Ponty, parmi d’autres grands illuminés cosmiques.

Face à la culture dominante du moment, gangrénée par la cupidité et le narcissisme, le besoin d’une contre-culture énergique, généreuse, transgressive et porteuse d’espoir se fait de plus en plus criant.

Sans oublier La Spirale, que l’on retrouve très active ce printemps sur Internet et qui accouchera bientôt d’un nouveau format imprimé, encore une fois gratuit et cette fois-ci bilingue français-anglais afin de connecter avec le reste de la planète. L’idée de base restant la même, il faut créer des passerelles et des rencontres inattendues, générer de nouvelles dynamiques. Lors de mon récent séjour en Inde, j’ai encore croisé un paquet d’artistes, de journalistes, d’étudiantes et de réalisateurs qui ne demandent qu’à échanger avec la France et Paris, qui les font toujours rêver ; à l’inverse des visées déclinistes d’un Michel Onfray, d’un Éric Zemmour et d’un pourcentage non négligeable de nos « élites » intellectuelles.

Aux sources du futur

J.M. Comment voyez-vous l’époque que nous vivons ?
L.C. Progrès, réaction, accélération sans précédent, tentatives de freinage et dérapages incontrôlés, aucun pilote à bord et des politiciens qui font semblant d’y comprendre quelque chose, en s’accrochant désespérément à leurs acquis. Ça passe ou ça casse, une période charnière, sans précédent dans l’histoire de notre espèce, pour d’évidentes raisons environnementales, énergétiques et géopolitiques, avec les neuf cercles infernaux de la spéculation financière au centre, pour « dans les ténèbres les lier ».

Lionel Foxx Magaal documentaire

Lionel « Foxx » Magaal, image extraite du documentaire en cours de production « Jusqu’ici tout va bien », © Laurent Courau

L’écrivain de science-fiction Norman Spinrad a écrit un texte essentiel sur ce thème : La crise de transformation. Dans lequel il explique que nous traversons actuellement la période la plus critique de l’histoire de l’humanité. Je le cite : « le stade le plus critique de l’évolution de la vie sur la Terre qui se poursuivra jusqu’au cœur du XXI° siècle, si nous ne nous détruisons pas nous-mêmes après avoir préalablement détruit la biosphère terrestre » (voir aussi à ce sujet notre interview du « collapsologue » Pablo Servigne, ndlr).

Depuis un quart de siècle, La Spirale s’acharne à expliquer, comme de nombreux autres, que ça va secouer, qu’il faut se préparer et agir. Je crois que le titre de notre première anthologie, Mutations pop & crash culture parue en 2004, était assez clair, non ? (Sourire) Ça rejoint ce que j’écrivais plus haut. Face à la culture dominante du moment, gangrénée par la cupidité et le narcissisme, le besoin d’une contre-culture énergique, généreuse, transgressive et porteuse d’espoir se fait de plus en plus criant.

Sinon, nous allons vite nous retrouver avec des millions de nos contemporains toxico-dépendants de leurs smartphones et des réseaux sociaux, scotchés sur des émissions de divertissement et de télé-réalité qui rivalisent de bêtise, manipulés jusqu’aux oreilles par le marketing et la publicité, dopés au communautarisme et de plus en plus inaptes à toute forme d’analyse, puisqu’obnubilés par des stimuli de niveau zéro et in fine aussi frustrés que débiles et dangereux.

D’après des sources bien informées, le climat social ambiant aurait accouché d’une impressionnante nouvelle génération de psychotiques. Et les urgences psychiatriques des grandes villes françaises s’en trouveraient déjà envahies, débordées. Rappelons-nous de la sentence de J.G. Ballard, dans son roman Que notre règne arrive : « Le consumérisme n’a plus beaucoup le choix, il essaie de muter. Il a tâté du fascisme, mais ce n’est pas assez primitif. Il ne lui reste que la folie pure et simple. »

Bonne chance à toutes et à tous ! (Rire)

J.M. Qu’avez-vous appris, dans votre travail ou votre vie personnelle, qu’il vous semble important aujourd’hui de comprendre pour vivre, survivre, surnager ou affronter ce monde perçu par Postap comme changeant ?
L.C. Qu’il n’existe pas une seule et unique grille de lecture valable pour appréhender la « réalité », le monde changeant que vous évoquez à juste titre. Qu’il s’avère essentiel de multiplier, de superposer et de juxtaposer ces grilles de lecture, donc de rester curieux, ouvert aux autres et à leurs visions du monde, à commencer par ceux qui vous dérangent, que vous considérez peut-être même comme vos ennemis.


Qu’il est essentiel d’ »entreprendre » au sens originel du terme, avec nos compétences et nos talents respectifs. Depuis un quart de siècle, La Spirale constitue ma participation bénévole à mon environnement, sur un terrain culturel. C’est « mon truc ». D’autres vont investir un lieu, distribuer de la nourriture aux nécessiteux, hacker le réseau, lancer des « alertes », créer des emplois, s’investir dans un domaine de recherche scientifique ou partager leur savoir.

sticker la spirale che mutant

© La Spirale

 
À l’heure actuelle, nous pouvons encore passer un cap, réaliser un immense bond en avant, tout comme nous prendre une énorme reculée. Pour s’en sortir, il va falloir jouer « collectif », éviter l’immense piège du « tous contre tous » et mettre nos intelligences, nos énergies en réseau. Arrêter d’en parler, ce qui ne fait que flatter nos égos, retrousser nos manches et nous mettre au travail, sans nous soucier d’éventuels applaudissements des réseaux sociaux.

Et non, je ne crois pas que la solution passe par l’acquisition d’une ferme dans un coin reculé du pays, en emmagasinant des conserves pour plusieurs années, pièges, fusils et tenues camouflages à l’appui. Si l’on s’en tient à ce genre de scénario, je ne donne pas cher de votre peau le jour où des hordes de pillards, motivés par un effondrement économique ou les effets du chaos climatique, se pointeront à votre porte. Après, libre à vous d’apprécier la vie à la campagne, c’est un tout autre sujet.

Voyage voyage

J.M. Racontez-nous une ou deux rencontres réalisées dans le cadre de votre travail qui ont compté pour vous, et en quoi.
L.C. Plus qu’avec des personnes, ce sont mes rencontres avec des lieux et leurs ambiances qui m’ont le plus marqué.

Il y a eu Berlin d’avant la chute du Mur. New York au début des années 1990, avant que la politique de « tolérance zéro » de son maire Rudolph Giuliani ne s’applique. Plus spécifiquement dans l’East Village et le Lower East Side, qui concentraient une folie et un parfum de liberté uniques, des concerts enfumés du CBGB aux jardins communautaires portoricains d’Alphabet City. Pareil pour Athènes, à la même période vers 1993, son underground, ses chaînes de télévision pirates financées par des armateurs chypriotes, qui diffusaient des séquences de vidéo-art fétichiste sans aucun contrôle. Ou encore la grande époque des squats de Genève, étonnants bastions de résistance dans la ville du luxe et des institutions internationales.

Plus récemment, je me suis pris une vraie claque à Majnu-ka-tilla, la cité « interdite » tibétaine évoquée plus haut. Une zone étrange, magique, à la fois hyper moderne, secrète et mystique, où l’on croise des moines bouddhistes sur des coursives insalubres à la lueur d’enseignes incompréhensibles, avant de négocier dans les arrière-boutiques avec les chants et les prêches du temple avoisinant en fond sonore, puis de trinquer avec des contrebandiers aux comptoirs de bar illégaux installés sur les toits des immeubles. En somme, mes plus belles rencontres tiennent à ces lieux où ça déraille, où ça sent la vie, la débauche, l’alcool et la luxure, les gens qui pensent mal, différemment, autrement, dans un grand foutoir joyeux, dépaysant et salutaire !

Majnu-ta-killa interview tibet

© Laurent Courau

 
J.M. Ça fait rêver, en effet… À l’inverse, les nouvelles sont fréquemment qualifiées d’anxiogènes. Les percevez-vous ainsi ? Si oui, comment le gérez-vous, et si non, pourquoi ?
L.C. L’actuelle absence de modèle économique pour la presse et les médias en général est une catastrophe, qui se traduit par un effondrement du niveau de leurs contenus. En caricaturant, on peut dire qu’autrefois un journaliste pouvait passer plusieurs mois à enquêter sur un dossier, alors qu’aujourd’hui il n’a plus le temps que de recopier des dépêches d’agence de presse.

Ce faisant, leurs messages désordonnés tiennent quasiment de l’injonction paradoxale, de la double-contrainte. On répète à qui veut l’entendre que l’économie va mal, que « les gens » ne travaillent pas assez, qu’ils coûtent trop cher, qu’ils sont trop protégés. Et de l’autre, qu’il n’y a jamais eu autant de milliardaires à travers le monde, que la spéculation financière atteint des sommets inédits, malgré la crise de 2008, et que les richesses n’ont jamais été aussi mal réparties dans l’histoire de l’humanité. Comme l’expliquait le théoricien de la communication Paul Watzlawick, « On ne sort d’une boucle paradoxale (double contrainte) que par un recadrage, permettant une lecture de la situation à un niveau différent ».

De fait, personne ne vous oblige à regarder BFMTV, à lire Causeur. En ce qui me concerne, je consulte tous les jours une sélection de médias internationaux qui participent à aérer ma vision du monde. Et j’en profite pour vous conseiller Diploweb, Thinkerview, Futurism, Raw Vision, Internet Actu, la MIT Technology Review, New Scientist, Open Culture, Tech Crunch, The New Yorker ou encore Boing Boing.

J.M. Si vous n’étiez pas vous, qui ou qu’est-ce que vous aimeriez être ?
L.C. Je crois que je suis plutôt à l’aise dans mes baskets. (Sourire)

Suivre la trace

J.M. Où se situe la politique en ce moment ?
L.C. À moins de vivre reclus en haut d’une montagne (et encore, ça se discute jusque sur cette extrémité), la politique est omniprésente. Et d’autant plus en période de crise(s). À partir du moment où nous existons dans la société, nous y jouons un rôle ; notre existence ne peut pas être neutre. Ne serait-ce que par ce que nous consommons et par ce biais notre impact sur l’environnement, sur les faunes et les flores de notre planète, sur certaines populations et enfin sur nous-mêmes.

Personne n’est innocent. Mais la solution ne passe pas non plus par l’auto-flagellation et la culpabilité. Bien au contraire, il faut en profiter pour se réveiller et inverser la tendance, ne serait-ce qu’à un niveau personnel. Ce qui s’avère à la fois utile, beaucoup plus drôle, joyeux à faire et à vivre. C’est un peu comme le sport ou la méditation. Avant de s’y mettre, ça peut sembler fastidieux. Et après, on se demande pour quelle raison on a attendu aussi longtemps.

Nous vivons dans une société de l’instant, emportée par la vitesse, qui manque cruellement de grands projets de société, de véritables visions de l’avenir. Alors même que les neuro-sciences, l’intelligence artificielle, les nanotechnologies, la robotisation du monde du travail et les grands défis environnementaux ou démographiques bouleversent nos modes de vie, nos repères, l’ensemble des paradigmes sur lesquels reposent nos structures sociales.

Or, si l’on considère qu’il n’y a pas grand-chose à attendre des institutions et des hiérarchies en tous genres, c’est bien la preuve qu’il est, encore une fois, temps de nous prendre en main. Au-delà des concepts un peu creux d’utopie et de dystopie, divertissants au cinéma et en littérature de genre, il y a un monde et un futur à construire. Et pour ce que j’en sais, l’actuelle floraison d’initiatives locales, de projets associatifs et de jeunes entreprises atypiques, qui ruent dans les brancards, envoie des signaux réjouissants.

Sources occultes interview réalisateur

© Laurent Courau

 
J.M. Un dernier mot pour les lecteurs de Postap Magazine ?
L.C. Bougez-vous, secouez-vous. Accomplissez quelque chose qui vous rende véritablement heureux. Sortez des sentiers battus, quittez votre sphère de confort, voyagez, prenez des risques. Soyez disciplinés et pugnaces dans votre indiscipline. L’univers vous le rendra au centuple !

Lorsque le besoin se fait ressentir, je me replonge dans les livres d’Alexandra David-Néel et de Henry de Monfreid, deux écrivains français qui ont respectivement éclusé l’Inde, le Tibet, la mer Rouge et l’Éthiopie au début du XX° siècle. Au-delà des difficultés qu’ils ont pu rencontrer sur leurs itinéraires respectifs, la fraîcheur de leurs visions me rappelle que nos vies tiennent pour beaucoup au regard que nous leur portons. On peut exulter de joie de vivre dans un bidonville de Karachi, comme mourir d’ennui et de tristesse sous une montagne d’argent à Monaco.

Ce qui rappelle d’une certaine manière l’expérience du chat de Schrödinger en physique quantique, dans laquelle la mesure perturbe le système. Ou encore les sortilèges sémantiques de William S. Burroughs ou d’Alan Moore, pour qui le logos conditionne en grande partie notre rapport à la « réalité ».

Notre monde regorge de magie et de poésie, qui méritent que l’on se batte pour elles. Charge à chacun d’entre nous de s’y connecter…

Un grand merci à Laurent Courau pour son temps et sa disponibilité.
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