Il y a fort à parier que notre futur régime alimentaire compte comme mets de choix algues et insectes. Ou seulement ces derniers, si les algues meurent.

La fin des algues ? Riches en nutriments, peu grasses et délicieuses (à condition, certes, de ne pas les accommoder n’importe comment), les algues nori sont une institution japonaise réputée chez les adeptes du bien-manger du monde entier.

Elles sont malheureusement, elles aussi, en train de mourir. Mais derrière leur déclin en cours dans les fermes japonaises, à côté de la cause habituelle du réchauffement climatique (les nori refusent de pousser tant que la température de l’eau excède 23° C), on en trouve une autre plus originale : la lutte contre la pollution.

algues comestibles japon nori

CC Alice Wiegand / Wikimedia Commons

 
Cela fait plusieurs décennies que l’archipel s’est engagé dans une lutte active contre la pollution des eaux. Un combat essentiel dans ce pays où le poisson reste une composante majeure de l’alimentation et où il faut donc éviter non seulement que ceux-ci meurent mais aussi qu’ils transmettent maladies ou composés chimiques aux consommateurs. Le problème, c’est qu’il s’agit pour cela, entre autre, de réduire considérablement les dépôts de phosphore et d’azote, qui certes tuent les poissons mais nourrissent les nori. Ces dernières sont donc plus rares, mais aussi décolorées, peu nourrissantes et donc invendables.

Dans l’immédiat, le marché compense en important des algues saines depuis la Corée du Sud, augmentant naturellement l’empreinte carbone de ce végétal que l’on croyait parfaitement adapté à l’Anthropocène. Mais les cultivateurs travaillent, nous apprend le webzine américain Ozy, à demander que l’on stabilise les émissions de phosphore et d’azote, tout en cherchant à élaborer des espèces plus résistantes au changement climatique.

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Une ferme de nori en Corée du Sud, CC NASA Goddard Space Flight Center / Wikimedia Commons

 
De toute façon, les grillons grillés, c’est bon aussi.

Mais moins bon.