Depuis leurs morts, deux hommes et une femme marchent dans un endroit sans définition, sans fin, où règne une obscurité profonde et un temps qui ne s’écoule plus vraiment. Ou alors pas de la même manière.

Ces marcheurs de l’inutile n’ont que le son pour tout repère et décident de mettre en place une échelle temporelle en se narrant des histoires. Une sorte de calendrier oral. Sauf que là encore le sablier fait bien comme il veut et s’interrompt à sa guise, saute au « plus tard » sans prévenir. Si bien que le trio ne se souvient jamais de la fin de ce qu’ils se content.

Black Village c’est ça, le recueil des histoires que Myriam, Tassili et Goodmann se racontent au cours de leur randonnée post-mortem. Des histoires inachevées qui s’interrompent toujours au beau milieu d’une phrase, de préférence en pleine action. Des débuts qui ont pour point commun d’être plongés dans des décors de ruines, de noirceur, de paysages post-apocalyptiques ou post-révolutionnaires. Le lecteur oscille parfois dangereusement entre plaisir et frustration, funambule malgré lui d’un fil qui ne le laisse pourtant jamais tomber.

Il faut dire que Lutz Bassmann est un des pseudonymes d’Antoine Volodine, autre nom factice pour cacher l’inventeur du « post exotisme ». Alors évidemment les personnages hantés sur fond de fuite, la violence et les mondes à feu et à sang, il sait les brosser comme personne. Les amoureux des sentiers non battus apprécieront.

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