Il est de ces rares livres qui vous changent irrémédiablement sans que cela soit une exagération, une rhétorique ou une technique vendeuse. Des livres qui vous changent littéralement et profondément. Le douzième roman de Richard Powers est de ceux-là.

L’un des personnages le dit, à plusieurs reprises même : les arguments, aussi bons soient-ils, ne savent pas changer l’homme. En revanche livrez-lui une bonne histoire et vous aurez des chances qu’il vous écoute enfin, que son cerveau commence à se reprogrammer à travers elle. Et c’est exactement ce que cet immense roman parvient à faire de façon remarquable et quasi inévitable.
Plus jamais, c’est un serment, vous ne penserez la même chose des arbres en sortant de cette lecture.
Plus jamais, c’est une autre promesse, vous ne pourrez regarder la déforestation avec si peu de réactions. Si vous croyez y être déjà sensible, détrompez-vous, plus de 700 pages après, vous saurez combien vous ne l’étiez pas vraiment.

À la racine, tout commence comme un recueil de nouvelles. Huit histoires pour neuf humains qui ont plus ou moins un lien avec l’élément arbre. Ils sont scientifiques, étudiants, créateurs de jeux vidéos, avocats, artistes…. Ils ne se connaissent pas, vivent dans des régions différentes des États-Unis, ne sont pas de la même génération. C’est ensuite que le tronc pousse, Une partie de leurs destinées va se croiser, s’unir, croître. Une polyphonie ahurissante commence pour un manifeste que l’on prend en pleine poire.
Hypra-documenté du point de vue scientifique, psychologique, technique, artistique, ce roman résonne comme une œuvre essentielle. Cela laisse sans voix. La gorge nouée. Parce que quand une fiction raconte la réalité, elle sait aller aux endroits dans lesquels on tourne habituellement la tête. L’Arbre Monde vous explique même pourquoi.

À la fois ode à la nature et critique de notre monde, il est impossible de résumer cet ensemble si dense. Il faut d’ailleurs des bottes de bon lecteur pour le traverser. Les amoureux de Damasio y trouveront leur compte. Ceux pour qui Bernard Werber est le sommet de l’apprentissage par le roman se perdront. Il faut être bien accroché, dans tous les sens du terme, pour cueillir les fruits contenus dans cette incroyable symphonie très bien écrite, aussi bien traduite.

Bouleversant. Magistral. Essentiel
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Grand prix de la littérature américaine 2018
Prix Pulitzer Fiction 2019

“Vous et l’arbre de votre jardin êtes issus d’un ancêtre commun. Il y a un milliard et demi d’années, vos chemins ont divergé. Mais aujourd’hui encore, après un immense voyage dans des directions séparées, vous partagez avec cet arbre le quart de vos gênes….” (L’Arbre Monde, page 220 de l’édition 10/18)

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