Il se classe parmi les 25 livres les plus lus dans le monde, a été traduit dans presque trente langues, a raflé des prix dès sa publication en 1972. Et si, comme nous avant cette nouvelle parution, vous l’avez toujours boudé en le reposant sur la pile chez votre libraire, sachez le : vous avez tort. Nous avions tort.

Il aura donc fallu attendre cette édition (semi-)poche chez Monsieur Toussaint Louverture pour réparer une injustice personnelle. Peut-être parce que le format est idéal. Peut-être parce que la jaquette naviguant entre le clinquant et la finesse attire l’œil et l’envie. Peut-être parce que la curiosité est devenue plus forte que l’à priori. Peut-être tout ça. Mais surtout parce que, pour la première fois, ce roman n’a pas été présenté en annonçant : “C’est une histoire de lapins”. La plus grande injustice faite à ce livre se niche dans toute personne, toute critique littéraire, tout vendeur, toute chronique vous plaçant cette phrase.

Watership Down n’est pas une histoire de lapins. C’est une histoire d’humanité. Il y a la vie, le rêve, la fraternité, la mort, la haine, la cruauté, l’espoir, l’acceptation de la différence, la révolte. Il y a la leçon extraordinaire de l’existence dans sa définition même.

Watership Down n’est pas une histoire de lapins. C’est une histoire de noirceur et de fraîcheur dans l’exact même temps. C’est une histoire de courage, de migrations, de dictature, de réflexion politique, de réflexion sociale, d’interrogation sur un système idéal et équilibré. C’est une histoire de nature, d’écologie, de prise de conscience. C’est une démonstration magistrale prouvant que l’on peut traverser avec simplicité et fluidité des concepts complexes et des considérations denses.

Watership Down n’est pas une histoire de lapins. C’est un roman d’aventure et d’initiation. C’est une histoire de héros auxquels on s’attache si fort qu’à la fin de leur épopée il y a le soupir de les quitter. C’est un récit terriblement moderne quelle que soit la période, l’année, l’endroit dans le monde où on le lit. Il a la capacité, comme peu, de traverser les ères en ne s’étiolant jamais. Parce qu’au fond l’humain ne change pas, ni dans la part sombre d’imbécillité, ni dans la part d’enfance qu’il trimballe. Un livre qui reste donc jusqu’à cette heure aussi actuel que captivant.

Richard Adams aurait eu cent ans en mai dernier. Cet anglais que rien ne destinait à devenir auteur, ancien fonctionnaire au ministère de l’environnement et premier assistant au ministère du logement, a écrit ce premier roman à plus de cinquante ans. Un best-seller qui mérite ses récompenses. Et un joli cadeau pour les primo-lecteurs qui sauront passer outre l’idée reçue : “c’est une histoire de lapins”.

Bon anniversaire monsieur, où que vous soyez. Et on suspecte vivement que vous errez quelque part sur la colline de Watership Down.

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