Commencée il y a dix ans par un auteur toujours aussi anonyme qui ne répond aux interviews que par mail, la saga du Bourbon Kid voit un nouveau volet sortir. Comme d’habitude c’est drôle au possible, débile comme peu permis et génial à bien des égards.

Cette fois le livre porte sobrement le nom de son personnage central (mais pas principal). Enfin « sobrement » n’est qu’une manière de parler bien sûr. Surtout quand ce tueur en série déchaine les massacres à la Tarantino après avoir avalé d’un trait sa boisson alcoolisée préférée. Surtout également quand on pense aux aspects déjantés que présentent sa pomme, celles de ses camarades, le fond du récit et la forme de la narration. Rien ici ne mérite en réalité le terme de sobre sinon le titre de ce sixième volume, septième si l’on compte Psycho Killer (2013) histoire d’un autre sanguinaire qui rejoindra la bande du Bourbon dès le tome suivant.

Cette fois le héros le plus silencieux et absent qui soit, va devoir affronter les quatre cavaliers de l’Apocalypse réveillés par Caïn, fils répudié d’Adam et Eve qui depuis la nuit des temps erre en prenant possession du corps des personnes dans le coma. Ces jolis petits tordus et leur garde rapprochée semblent bien décidés à mettre fin au monde existant. Mais le diable dans sa tanière (qui ici prend la forme d’un bar perdu au fond d’un désert) ne l’entend pas de cette oreille. Lui la terre il l’aime bien, il y prospère tranquillement et est assez fier des péchés qui s’y déroulent à longueur de temps. La bande de tueurs autoproclamés amis du Bourbon Kid (qui n’en a en réalité sûrement aucun et n’est comme à son habitude même pas là) se fait embaucher par ce non-cornu patron des enfers pour empêcher la folle chevauchée. Et évidemment cela ne va pas tout à fait tourner comme prévu.

Malheureusement l’humour de ce numéro là tourne allègrement au potache, assez exclusivement mâle de surcroît. On peut également regretter l’absence de la musique et des noms d’artistes émaillés au fur et à mesure au cours des aventures précédentes. Ils participaient activement au loufoque et étaient une sacrée B.O. pour une série très cinématographique (L’hypothèse stérile de notre rédaction est d’ailleurs celle d’un chroniqueur rock caché sous le pseudo d’Anonyme). Cette fois, hormis une vague citation de Christine & The Queens, on remballera l’envie des coups de griffes hilarants sur le sujet.

Malgré tout, les tribulations du Bourbon restent un bon moment de grand n’importe quoi rempli d’anti-héros glauques qui deviennent, par un tour de passe passe nommé le talent, de véritables héros attachants.
Tout en restant anti-héros.
Et glauques.
Voilà la vraie puissance de Anonyme et le réel mystère fantastique de sept livres qui en sont pourtant truffés.

Nota Bene : Bien qu’indépendants, les tomes prennent toutes leurs saveurs lus dans l’ordre, Psycho Killer inclus

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