Du sang au chant il n’y a qu’un pas, celui d’une destinée à la fois sombre et lumineuse, à la fois délicate et frontale.

Le confinement aura eu pour principale vertu de laisser le temps pour la relecture et la redécouverte d’ouvrages oubliés depuis longtemps sur les étagères. Parmi eux certains reviennent aussi forts que l’impression laissée dans le souvenir. Parce qu’en réalité les bons livres ne meurent jamais et leur actualité n’a que celle d’une date de parution. Le reste se conserve intact.

La saga de la famille Waldvogel est surtout celle de Fidélis, boucher, passionné de chorale, doué dans les deux matières et déraciné de son Allemagne natale pour une installation dans le rêve américain. Nous sommes en 1918, tout juste au sortir de la guerre. Une valise remplie de saucisses et de couteaux, cet ancien tireur d’élite veut troquer les tranchées contre la vie, la construction d’une famille et l’espoir d’un commerce prospère. Il sera le père. Il y aura aussi la femme, les quatre fils, les amis, il y aura toutes ces destinées qui vont se croiser, s’entrelacer pour une vie rude faite de moments de dons de soi, de sacrifices, de choix, de courage. Et puis il y a Delphine, pure native de ce petit bourg du Dakota, son fiancé particulier, son père alcoolique, sa patience et son abnégation, sa trace de femme dans tout ce qu’elle pense, décide, donne.

Il y a ces histoires de morts, de cadavres, de cauchemars, de fêtes, de chorale, de secrets nichés dans les silences, les apparences et les bravades. Mais il y a aussi l’écriture de Louise Erdrich, autrice amérindienne trop discrète de ce côté-ci de l’Atlantique. Minutieuse, ciselée, elle a l’art de donner chair, âme, matière à des personnages qui habitent loin au profond de nous.

Loin et longtemps.

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