Un mois avant la sortie en poche du tome 3, un mois après que Christelle Dabos annonce avoir tout juste écrit le point final du quatrième (et ultime) volet, il est grand temps de présenter cette attachante et incroyable saga pour qui n’en a jamais entendu parler. Parce qu’elle se dévore.

Au départ La Passe-Miroir a été classée par Gallimard dans le secteur jeunesse. Mais comme souvent avec la SF et la fantasy quand elle est bonne, cette catégorisation devient si ridicule que la rédaction de Postap a bel et bien trouvé le premier tome dans le secteur adulte d’une de ses librairies préférées. Que vous soyez ado ou retraité.e donc, cette saga peut vous transporter suffisamment loin pour rentrer dans vos tops du moment.

Au départ encore, Christelle Dabos ne voulait pas éditer. Elle écrivait pour son plaisir et échangeait ses premiers jets (aujourd’hui devenus le Tome 1 Les Fiancés de l’Hiver) au sein du forum de la communauté Plume d’Argent. 

Bref, tout a commencé dans la tête de cette jeune française jusque là inconnue, épaulée par une communauté d’écriture.

La Passe-Miroir s’appelle Ophélie. Elle vit sur Anima, l’une des arches flottant sur un débris de l’ancien monde. Et ne cherchez pas, l’ancien monde il y a de fortes chances que cela soit nous. Dieu s’est fâché parait-il, alors tout a explosé, tout s’est éparpillé.
Au sein de chaque arche vivent des gens qui ont des pouvoirs divers. Sur Anima par exemple, ils ont la capacité de donner vie aux meubles, aux vêtements, aux jouets, à la vaisselle et tout autre chose que l’on ne s’attend pas réellement à voir évoluer de son propre chef. De plus Ophélie a la capacité de passer les miroirs, moyen de locomotion bien pratique ma foi quand il s’agit de traverser en long, en large et en travers des mondes parfois bien labyrinthiques.  Mais elle peut également lire les objets pour en connaitre leurs origines et les émotions de ceux qui les ont touchés.
Sur chaque arche il y a aussi un esprit de famille, un être colossal vieux de très nombreux siècles qui règne en Roi divin dans une indifférence pour ses sujets/dévots/courtisans quasi imperturbable. Et chaque esprit de famille bien que très différent semble lié aux autres par un lien de sang.

Ophélie est très myope, particulièrement maladroite, petite et maigrichonne, pas bien jolie ma foi. Pourtant c’est elle qui a été choisie par les instances de son arche pour un mariage politique/diplomatique avec l’intendant d’une autre arche appelée le Pôle. Il y fait évidemment très froid, est peuplé de castes qui se détestent, est bourré d’illusions en 3D absolument phénoménales, de dangers plein de vengeance, de mensonges, de tromperies et de pouvoirs tous aussi incroyables les uns que les autres. C’est là que dès le début de la saga, Ophélie est plongée sans préparation aucune, destinée à Thorn, un type glacial, dur, immense et taiseux.

Sous ce pitch qui peut paraître assez commun dans le fond, se cache pourtant une œuvre incroyable d’imagination. Il y a là dedans un talent rare, un mélange de mythologie, de fantastique, de polar, d’analyse ethnologique, de rapport à la religion et au pouvoir social, de romance et d’intelligence. C’est aussi complet qu’attachant, aussi fourmillant d’idées que de flirts entre l’impitoyable et le souriant. C’est à la fois un conte, un roman, une invention, un monde.
C’est un régal de friandise acidulée et sucrée à la fois.

 

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