Court roman du nouveau talent cyberpunk, Le Regard se croque en trois fois rien de temps. On s’y plonge avec une facilité déconcertante, convaincus d’emblée par l’histoire, vaincus aussi vite par le style fluide.

Ken Liu a décidément le talent d’en dire beaucoup avec peu de mots, de décrire une société futuriste claire et complète en quelques traits. D’ellipses en évocations, on déduit sans difficultés ce qui fabrique ce monde de demain et ce qui hante les personnages principaux.

Il y a surtout Ruth Law, ex policière désormais enquêtrice à titre privé, humaine augmentée, à savoir agrémentée d’un corps bionique qu’elle se fait fabriquer sans limites raisonnables ni autorisations. Dévorée par un passé au drame personnel ingérable, elle abuse également du régulateur, implant  qui efface les émotions, normalement réservé aux forces de police mais dont elle ne s’est jamais débarrassé.
Il y a aussi ce meurtrier en série jusque là passé inaperçu, qui abat et énuclée des prostituées. Mais pas n’importe lesquelles. Celles qui ont au fond de l’œil quelque chose de particulier, une autre machinerie futuriste qui peut rapporter gros.

Véritable polar de science-fiction composé de chapitres courts, Le Regard fixe, scrute mais ne cille pas. Et s’il peut paraître un peu léger pour les lecteurs qui connaissent déjà les précédentes (et bien plus denses) œuvres de l’auteur sino-américain, il constitue un magnifique apéritif pour ceux qui veulent le découvrir.

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