La disparition soudaine d’une bourgeoise, la ruralité sur le causse, les solitudes qui s’entrechoquent, s’entremêlent, se planquent…

Cinq narrateurs pour une seule histoire, cinq points de vue qui se défendent et nous convainquent, nous offrent une autre réalité, nouvelle ou rectifiée.
Cinq fois on se dit que cette fois c’est bon, cette fois on sait, cette fois l’entièreté éclate. Et insidieusement on s’éloigne de l’urgence de connaître la vérité sur cette disparition, subtilement on se rapproche de l’envie de gratter jusqu’à l’os les personnages narrateurs, de le faire à en avoir leurs odeurs et leurs tristesses. Le réalisme cingle et laisse des traces. À travers leurs récits successifs on effleure la moelle des malentendus, le tissu du mensonge des regards. Troublant.

Il faut rendre justice, « Seules Les bêtes » est bien plus qu’un simple polar. C’est un roman choral surprenant, un ouvrage écrit et tissé avec soin. Il y a même là dedans un côté virtuose.

Et Colin Niel fait partie de ces rares auteurs français qui, tels les grands chocolatiers, font du noir intense un plaisir avouable.

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