Autant l’annoncer tout de suite : le monde a merdé. Et dans les grandes longueurs encore. Nous vivons en réalité dans une version alternative qui ne devait pas être. L’originelle était bien mieux, bien bien mieux.

C’est Tom Barren, héros narrateur à la fois naïf et conscient, loser et pistonné par les circonstances, qui avoue. Il est à l’origine du désastre. Parce que voyez-vous, initialement, un génie nommé Lionel Gottreider avait inventé une machine qui fournissait une inépuisable énergie propre, gratuite et facile. Alors évidemment les conflits sur la planète n’avaient plus raisons d’être et la vie ne ressemblait en rien à celle que l’on connait. La technologie avait avancé de manière considérable, il n’existait plus que des métiers de divertissements et ma foi, l’humanité vivait plus heureuse et en harmonie. Le lancement de cet engin qui a changé la donne s’est passé un beau jour de 1965.
Enfin le premier 1965. Pas le nôtre. Pas celui que l’on connaît. L’autre, celui que Tom Barren a changé en se retrouvant accidentellement revêtu de l’habit trop grand pour lui de premier voyageur dans le temps.

Ce premier roman du canadien Elan Mastai est à la fois loufoque et profond, logique dans la mécanique temporelle sinueuse. Ce n’est pas qu’un moment de sourire, c’est aussi une réflexion sur l’humain, l’amour, les conséquences, la technologie, l’estime de soi. Malgré un Tom geignard qui n’a de cesse de se trouver aucune hauteur en toutes circonstances, on s’attache au récit d’une incroyable épopée qui aboutit à notre monde. Et l’on se surprend à penser, que peut-être, éventuellement, pourquoi pas, on vivrait vraiment dans une réalité alternative d’un truc qui a grave capoté.

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