Tempest, la voix de l’Angleterre post-Brexit.

2013, Londres. Une jeune fille se fait remarquer dans les bus de nui : elle se lance dans des sessions de Spoken Word auprès des passagers endormis… On la retrouve bientôt sur les planches des scènes alternatives de la capitale, où ses performances laissent les spectateurs bouche bée. Comparée à Janis Joplin pour son énergie, le lyrisme et la dextérité de ses textes, Kate Tempest — « Kate Tempête », comme elle a choisi de se nommer (elle est née Kate Esther Calvert) — laisse sur son passage une impression d’exaltation, de puissance, de jamais-vu.

Rappeuse, poète, DJ, elle devient vite un véritable phénomène littéraire et musical outre-Manche. Révélation de l’année 2014, son premier album, Everybody Down, est nominé aux Mercury Prize tandis que son recueil de poèmes Les Nouveaux Anciens fait d’elle la lauréate du Ted Hughes Award, le plus prestigieux prix de poésie en langue anglaise.

En 2016, son tube « Europe is Lost » arrive en tête des charts UK puis fait le tour du monde, lui valant les louanges de Roots Manuva, Jay-Z, Madonna. « L’Europe, l’Amérique, Londres sont perdues », clame-t-elle avec véhémence dans ce protest song aux allures d’hymne national, « et pourtant nous clamons notre victoire ».




 
Aux quarantenaires BoredOfItAll (« blasés de tout »), désormais au pouvoir, Tempest oppose cette nouvelle génération qui, ayant grandi avec l’Europe, ne comprend pas que son pays puisse aujourd’hui tourner le dos au continent.

C’est d’ailleurs à ces jeunes gens, issus comme elle de la working class, qu’elle dédie son premier roman Écoute la ville tomber, qui vient de paraître en France. L’histoire de deux filles qui lui ressemblent, deux héroïnes punk, rebelles dans l’âme et peu conventionnelles dans leur profession (Harry deale de la poudre blanche aux employés de la City ; Becky se prostitue pour payer son loyer).

Écoute la ville tomber s’inscrit dans la grande tradition du réalisme social à l’anglaise, de Ken Loach à Irvine Welsh en passant par Zadie Smith. On y retrouve ce style unique qui fait la singularité de Tempest, cette capacité à aborder, en vers comme en prose, des sujets complexes à coup de punchlines aussi sensuelles qu’efficaces. Le roman s’est déjà vendu à 100 000 exemplaires.

Adulée comme une égérie par certains, un modèle à suivre pour cette jeunesse désillusionnée mais qui refuse de baisser les bras, la jeune femme de trente-deux ans est aussi devenue au fil des ans l’une des figures emblématiques du camp du Remain (qui veulent rester dans l’Europe).

Pour le Guardian, « quand l’époque (la nôtre, NdT) qu’elle décrit avec ambition sera passée, ce n’est pas son essence que révèlera le travail de Tempest. C’est l’apparition de sa personnalité, son don pour la narration et le punch émotionnel de ses écrits qui resteront. Tous sont extraordinaires. » Nous, on embarque.

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