Il est là, enfin : le premier Festival artistique français consacré aux créations confinées. Découvrez l’édition 2020 du « Festival des Arts confinés ».

Sans esprit critique, sans innovation et sans remise en question, le monde de la création serait presque aussi fade que celui de la politique. C’est peut-être pourquoi le chef de l’État a tant fait parler en enjoignant l’ensemble des acteurs de la Culture à profiter de cette crise sanitaire pour se réinventer, les incitant même à « enfourcher le tigre » (version stupéfiante du classique « mettre un tigre dans son moteur »), quand précisément, personne n’était resté inactif .

La période de confinement a vu naître de nombreuses initiatives culturelles et créatives. C’est le cas de la première édition du Festival des Arts Confinés, clôturée le 10 mai 2020 et qui, pendant 56 jours, a permis la diffusion de plus de 150 oeuvres sur leur site Internet, via la rubrique « AGORA-OFF» : un espace culturel conçu pour assurer une continuité à la fermeture de tous les établissements physiques en période de confinement.

Création et confinement

Les fondateurs, des aventuriers artistiques, créateurs d’émotions et de lieux infinis, qui réfléchissent à la culture au présent, ont répondu à nos interrogations.

PostApMag.Comment qualifier la ligne artistique de votre projet ?
Festival des Arts confinés. Le « Festival des Arts confinés » est le premier Festival artistique en France à s’intéresser aux créations confinées inédites. Chaque jour à partir de 19H, cet évènement unique s’est déroulé au sein du nouvel espace culturel « Agora-Off ». Son but est de continuer spontanément de cultiver, enrichir, éduquer, transmettre, questionner avec le tout nouveau « Art Confiné »

PAM. Comment et quand est né ce projet ? Est-ce une initiative solitaire, ou d’équipe ?
FAC. L’espace culturel « AGORA-OFF», créé en période de confinement, a été imaginé et conçu par Antoine Méthivier, Pierre-Marie PEM Braye-Weppe et Arnaud NANO Méthivier, pour assurer une continuité culturelle pendant la période de confinement imposée par le Covid-19 et la fermeture de tous les établissements culturels physiques.

Antoine Méthivier a pris instinctivement la posture d’un « urgentiste culturel ». Il en est actuellement le concepteur et directeur. Cet espace culturel, dématérialisé, se propose d’être un lieu infini, qui explore et expérimente des processus collectifs pour habiter le monde et construire des communs. Un lieu ouvert qui instaure des espaces de liberté ou se cherchent des alternatives. Un lieu difficile à définir car son caractère principal est l’ouverture sur l’imprévu pour construire, sans fin, le possible à venir.

Et enfin, comme une Agora, c’est un lieu d’échange international qui se situe dans toutes les villes du monde. Il s’agit d’une expérience qui peut sembler précaire mais avant tout concrète, joyeuse et inclusive. Lorsqu’un confinement est décrété, le centre culturel se nomme AGORA-OFF, avec une activité artistique active. Lorsque qu’arrive le déconfinement, le centre culturel AGORA-OFF n’a plus d’activité créatrice et laisse place à AGORA-ON, un espace culturel actif dédié aux artistes qui, de manière temporaire ou permanente, sont confinés (artistes hospitalisés, en détention, en centre de rétention, réfugiés… etc.).


PAM. Quels sont les festivals et/ou les initiatives qui vous ont fait apprécier ce format ?
FAC. Le Cyclop de Jean Tinguely est un lieu semblable. Mais également la philosophie de l’échange que l’on trouve chez Érasme. Des lieux dits « infinis » comme le CENTQUATRE à Paris, ou l’Hôtel Pasteur à Rennes

PAM. Quel est le premier court-métrage que vous avez vu, ou les courts de votre adolescence ?
FAC. Peu de court-métrages… L’arroseur arrosé, sûrement !

PAM. Et le dernier que vous avez découvert, et que vous avez envie de nous conseiller ?
FAC. Casa de vidro de Filipe Martins. 

PAM. Et 3 films courts à voir absolument en ce moment ?
FAC. 89mm od Europy, de Marcel Łoziński : l’incohérence des normes fait naître des enclaves où le temps est suspendu.

Todomundo, de Thomas Farkaz : l’hystérie politico-sociale du football au Brésil.

Le batteur du boléro, de Patrice Leconte

Une nouvelle édition du Festival Agora-OFF aura lieu dès le prochain confinement généralisé, le gouvernement français vous précisera la date par décret. Vous pouvez également suivre leurs aventures sur Facebook.

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