Épidémie de fake news en Grèce Antique : Socrate s’insurge

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L'École d'Athènes, fresque de Raphaël, 1509-1510 CC Wikimedia Commons

Fake news Grèce antique
L’École d’Athènes, fresque de Raphaël, 1509-1510 CC Wikimedia Commons

 
Si le terme « fake news » n’apparait que récemment – et semblerait, selon de nombreux médias et l’État, représenter une grave menace pour la démocratie – leur existence n’est toutefois pas récente.

Dans l’Antiquité, la rhétorique (ou sophistique) se développe conjointement à l’apparition, à Athènes, de la démocratie et de la parrêsia (liberté de parole), mais également de la philosophie. Elle est l’un des principaux héritages que nous laissa la culture grecque. L’art oratoire est alors placé sous l’égide de la muse Polymnie (ou Eloquentia), « celle qui dit de nombreux hymnes », qui personnifie également la musique. La rhétorique a d’abord vocation d’enseignement, de partage de savoir désintéressé, mais ensuite, quittant la sphère publique, elle se voit récupérée par les secteurs politique et marchand, l’intérêt qu’ils peuvent y trouver rappelant furieusement leur appétence contemporaine pour la communication sous toutes ses formes.

Socrate contre les fake news

Or, certains philosophes critiquaient sévèrement ceux qui faisaient usage du logos – voire du pathos – par la rhétorique, à des fins peu louables (rappelons qu’Aristote a défini la rhétorique comme étant composée de trois procédés argumentatifs : le logos ou discours logique et rationnel, le pathos qui fait appel aux émotions et à la séduction, et enfin l’ethos qui revient à l’image et à la réputation de l’orateur, soit des valeurs garantes de confiance). À l’époque hellénistique et romaine, pour les stoïciens tels que Sénèque, Epictète ou Marc-Aurèle – contemporains des courants épicuriens et sceptiques, le terme « sophiste » devient même une insulte adressée à celui qui n’appliquait l’éthique (ou la praxis) en adéquation avec son discours ; l’éthique est alors au centre des préoccupations.
Mais à Athènes, la liberté d’expression permet d’abord à tout citoyen de prendre la parole, de formuler un discours (on baptise iségorie ce principe d’égalité de parole) mais engendre de fait une forme d’inégalité : nous ne sommes pas tous égaux en matière d’éloquence ou de réception de propositions.

Dans ce contexte qui offre une liberté inédite, la parole est donc devenue enjeu de pouvoir ; ainsi dans le Gorgias, Platon, en opposant ce dernier à Socrate, interroge le fondement et la finalité de celle-ci, puisqu’elle peut être, non pas (ou pas seulement) mise au service du bien commun et de la vérité, mais aussi utilisée à des fins de persuasion — les notions de vrai ou de faux ne comptant alors plus. Rappelons que Gorgias – premier grand théoricien du genre – est un philosophe présocratique, sophiste, auteur d’un traité sur le non-être, ouvrage qui propose, précisément, rien moins que la suppression de la vérité : selon lui, « s’il existe quelque chose, c’est ou l’être, ou le non-être, ou à la fois l’être et le non-être » : il devient donc difficile, voire inutile, de perdre son temps à évaluer la vérité d’un propos. Ce à quoi s’oppose Platon, en le mettant en scène avec son maître, Socrate :
Socrate à Gorgias : « Veux-tu savoir quel type d’homme je suis ? Eh bien, je suis quelqu’un qui est content d’être réfuté, quand ce que je dis est faux, quelqu’un qui a aussi plaisir à réfuter quand ce qu’on me dit n’est pas vrai, mais auquel il ne plaît pas moins d’être réfuté que de réfuter. En fait, j’estime qu’il y a plus grand avantage à être réfuté, dans la mesure où se débarrasser du pire des maux fait plus de bien qu’en délivrer autrui. Parce qu’à mon sens, aucun mal n’est plus grave pour l’homme que se faire une fausse idée des questions dont nous parlons en ce moment. »1

Socrate platon débat vérité
La Mort de Socrate, par Jacques-Louis David, 1787 ©© Wikimedia Commons

 
Rappelons, pour le contexte historique, que Socrate vécut la fin de l’âge d’or de Périclès, au V° siècle avant J.-C.– qui voit Athènes devenir une grande puissance économique, artistique et intellectuelle, basée sur le renforcement des institutions démocratiques, mais qui finit par s’épuiser dans des guerres sans fin, comme la guerre du Péloponnèse (à laquelle Socrate participera en tant qu’hoplite, ou fantassin armé), qui mèneront Athènes à son effondrement. Cette période de décadence entraîne un climat d’incertitude générale, et peut-être Gorgias traduit-il ce sentiment en affirmant que rien n’existe, et que si quelque chose existait, nous ne pourrions de toute évidence pas le connaître ; nous ne communiquons donc que du langage (logos) – seule réalité connaissable – et des opinions (doxa) mais non pas de l’être. Gorgias nie tout, tandis que Socrate cherche la vérité et la valeur morale dans toute opinion ; deux visions s’opposent : la rhétorique et la philosophie.

Vérité, notion mouvante

Cela étant, les philosophes de l’Antiquité n’entretenaient pas le même rapport à la vérité : le bien commun ou l’Idée du Bien, définie par Platon, prime en effet sur la vérité. Un mensonge peut donc être licite s’il est au service du Bien et du juste, tandis qu’une vérité peut tendre au mal.

« Mais en ce qui concerne cette chose-là elle-même, la justice, dirons-nous dès lors qu’il s’agit simplement de dire la vérité et de rendre à chacun ce qu’on en a reçu ? Ces deux actes mêmes, ne les faisons-nous pas tantôt de manière juste, tantôt de manière injuste ? Je propose le cas suivant : si quelqu’un recevait des armes de la part d’un ami tout à fait raisonnable, mais que celui-ci étant devenu fou les lui redemande, tout le monde serait d’accord pour dire qu’il ne faut pas les lui rendre et que celui qui les rendrait ne ferait pas un acte juste, pas plus que celui qui se proposerait de dire la vérité à un homme dans un tel état. »2

apollon muses vérité symbole
 
Par exemple, le mythe, dans sa compréhension originelle, n’est pas un mensonge, mais une fiction, une allégorie expliquant le logos. Pourtant, la racine grecque mythos, qui signifie « parole », « fable », donnera aussi le terme « mythomanie ». Il existe un « mentir-vrai », comme le poétisait Aragon – et d’ailleurs la mémoire est une construction narrative subjective, souvent infidèle à la réalité qui devient un matériau sujet à interprétation, et pourtant parfois plus proche de la vérité. C’est dire si le problème posé par les usages de la vérité et du mensonge – et de leur éventuelle manipulation – pose problème. Peut-on énoncer une vérité à partir de mensonges ?

Avec l’institutionnalisation du christianisme, progressive puis formelle sous le règne de Constantin le Grand au IV° siècle, le rapport du sujet à la vérité est récupéré et investi d’un sens nouveau, lié à la transcendance et au salut. La vérité devient alors absolutisante et totalisante – divine à son niveau suprême, assimilée au Bien, tandis que le mensonge est le Mal. Dorénavant, le Christ est le logos. Dualité qui avait donc déjà été annoncée par Platon ; mais le paradigme est radicalement différent : il faut désormais se soumettre à un examen de conscience et dire toute la vérité. Il y a dès lors obligation de se soumettre à la confession et à l’aveu –assujettissement au dire-vrai, au tout-dire, à la parrêsia – menant à une conversion renouvelée, en perspective du salut. Même si la vérité est par la suite désacralisée et repolitisée, notamment chez Rousseau – somme toute très stoïcien – qui s’adonnait à ces exercices spirituels, utilisés comme techniques de la vérité, que sont l’écriture, la méditation, l’examen de conscience, ou la contemplation de la nature (héritages de l’Antiquité), mais aussi la confession, de manière littéraire du moins.

rousseau confessions gravure
Le vol de la pomme, Aldus Éditions, 1903 CC Wikimedia Commons

 

Ne mens pas

Au fil de l’histoire se renforcera l’idée selon laquelle l’opinion du peuple doit être guidée par les représentants officiels de la vérité, qu’il s’agisse des autorités ecclésiastiques ou des institutions étatiques (on songe au pouvoir pastoral tel que défini par Foucault3) usant de médias, différents selon l’époque, à des fins de propagande.
Avec le développement d’Internet et des réseaux sociaux, l’apparition et la propagation d’informations ont pris un tournant entropique, ouvrant un espace d’expression inédit, avec pour corollaires la disparition d’intermédiation et de vérification, l’accélération et la saturation. Ainsi, à l’ère de la post-vérité, les fake news – ou encore « désinformation », « fait alternatif », « hoax », dont les causes et les réalités sont très différentes – se propageraient donc, manipulant les faits, instrumentalisant les opinions, altérant plus ou moins gravement la vérité. Poussées à leur paroxysme, elles alimentent les théories complotistes.

Il semble pourtant nécessaire de relativiser : des études ont démontré qu’une fake news, si elle se diffuse plus rapidement et plus largement qu’une information émanant d’un média traditionnel ou sérieux, ne génère en réalité que peu d’engagement, si ce n’est auprès des individus déjà convaincus4.
Elle ne possède donc pas le potentiel qu’on semble lui attribuer. Mais à l’inverse, existe-t-il des real news ? Oui et non. Certaines sont certes plus ou moins fidèles au sujet traité, mais globalement – d’un point de vue philosophique – aucune ne représente la vérité dans l’absolu. Toutefois, elles ne sont pas non plus des opinions (doxa), qui sont des représentations, jugements, plus ou moins erronés, plus ou moins étayés par des sources.
Sans parler de médias, de qualités très inégales, d’une forme de sensationnalisme ou d’une presse de masse à l’opinion relativement uniforme. Et tout cela se joue désormais dans un contexte particulier : comment évaluer la fiabilité des médias traditionnels compte tenu de leur financement par la publicité, des intérêts économiques de leur propriétaire / actionnaires ? L’ensemble de ces paramètres, quelles que soient les bonnes volontés et déontologies respectives de leurs journalistes, orienter – voire instrumentaliser – un fait.

Par ailleurs, il serait plus intéressant d’entendre ce que les fake news véhiculent, essentiellement. De quoi sont-elles le nom ? Probablement drainent-elles les peurs et les angoisses, conscientes ou non, de la société, jetées en pâture dans l’espace virtuel. La dépendance aux réseaux sociaux est également révélatrice du désœuvrement ambiant, d’un vide existentiel qui demande à être comblé. Partager une fake news semble en outre répondre à un réflexe primaire de protection, lié à l’instinct de survie (de l’espèce)5, vécu dans l’urgence et sans recul aucun : le cerveau reptilien (paleo-cortex) ou cerveau primitif et le cerveau limbique (cortex) articulent les réflexes de survie lié aux besoins fondamentaux et les émotions.

Mais probablement aussi, à un autre niveau, les fake news s’articulent sur une certaine vision et narration du monde : elles traduisent une perte de confiance et une méfiance envers les institutions traditionnelles de confiance, garantes de la connaissance, du savoir et de la vérité ; nous assistons en effet à la faillite de tous les grands systèmes de pensée basés sur la morale. Cela s’articule sur une polycrise d’une ampleur inédite, interconnexion d’un ensemble de crises : économique, écologique, mais aussi de connaissance, de conscience, de civilisation, et surtout de sens. Contexte de perte de sens, mais aussi de bon sens et de la raison – relativisme destructeur, dissolution des catégories de vérité et de réalité, qui tendent à l’absurde. Folie ordinaire d’une société tétanisée devant la possibilité de sa propre fin, mais qui, incapable de se l’avouer, préfère la dénégation.

Vérité fake news philosophie
Vérité sortant du puits armée de son martinet pour châtier l’humanité, Jean-Léon Gérôme, 1896

 

On fait quoi maintenant ?

D’autre part, maintenant le diagnostic établi, nous pouvons également envisager cette réappropriation de la parole comme une éventuelle thérapeutique – stratégie de survie psychique – quelque peu désespérée. À l’heure de l’hyper communication, paradoxalement, les gens n’ont peut-être jamais aussi peu communiqué ; aussi semble-t-il légitime de se réapproprier l’espace public virtuel pour l’investir d’une vocation d’exutoire – voire cathartique. Ainsi, Internet et les réseaux sociaux sont les supports d’une tragique mais nécessaire forme d’exorcisme de la violence (qui demeure in fine une puissance vitale). Comment pourrait-il en être autrement ? Et surtout, comment cette violence s’exprimerait-elle si on supprimait ce canal d’expression ?

Dès lors, la loi serait-elle un remède ? La volonté de contrôle et de renforcement de la législation annoncés par l’État appelle à la vigilance. De tout temps, le politique – la raison d’état – a usé intentionnellement de la falsification et de la manipulation des médias à des fins de propagande. Ici encore, celui qui a le pouvoir – politique ou financier – revendique le contrôle de la parole et de l’information. Le dominant a toujours raison ; il y a toujours une norme dominante, propagée par un système de contrôle efficace qui distille la peur (presque toujours de « l’autre », l’étranger qui menace la civilisation).

Il existe donc un risque liberticide, véhiculé par la défiance des élites envers une société qu’elles estiment incapable de discernement et de jugement. Le mépris de classe, toujours. Sous couvert de la sauvegarde de la démocratie, la société se voit infantilisée et court le risque de se retrouver privée de droits fondamentaux, tels que la liberté d’expression (alors même que, très probablement, de nouvelles stratégies de détournement verraient très vite le jour). Au sein de cette culture du soupçon (le « surveiller et punir » de Foucault semble bien n’avoir toujours pas pris une ride), il y a obligation à tout montrer, au risque de paraître suspect. Ainsi l’État tend-il à vouloir limiter, voire interdire des opinions et des expressions, annulant la possibilité des débats, et par là même des contre-pouvoirs qui participent pourtant de la revitalisation et de la régénération de la démocratie. Les oppositions favorisent en effet l’assainissement du débat démocratique.

À chaque fois que nous acceptons, consciemment ou non, une contrainte, nous abdiquons une part de liberté. « La liberté est un mouvement d’affranchissement, pas un état stable. Elle suppose une prise de conscience de nos entraves », écrivait Anne Dufourmantelle dans son Éloge du risque6.
À terme, il est probable que le Net finisse par ressembler à une déchèterie virtuelle, et que l’accès à l’information de qualité soit de plus en plus difficile et coûteux. Le mythe de la démocratisation du savoir, d’une culture libre et de l’open access prend progressivement fin, intérêts obligent. Pourtant, fondamentalement, l’accès à la connaissance ne devrait pas être déterminé par la dimension marchande : ce sont des droits.

Or nous vivons dans un système dont la finalité est de générer des profits – en dépit de tout bon sens ; il s’agit d’une véritable pathologie, dénoncée notamment par Chomsky. Ce dernier a d’ailleurs démontré les mécanismes de « la fabrique du consentement »7, qui s’articule entre autres sur les subventions octroyées à certains médias, la consultation d’ « experts » qui corroboreront les faits avancés, l’organisation de think tanks, etc. Ainsi de la gratuité de certains médias, notamment les journaux quotidiens distribués dans l’espace public : financés par la publicité et des de l’argent public. Le lecteur y est en réalité un consommateur. Cela tend à le mener à adhérer à la norme, tout en ayant l’illusion d’avoir fait un choix, sans avoir conscience des enjeux réels et des conséquences.

Snowden Big brother camera
What are you looking at ? CC Flickr/Nolifebeforecoffee

 

La liberté se cache pour mourir

Illustrons par un exemple : certains individus avancent le fait de n’avoir rien à cacher, pour justifier que le droit et la protection de la vie privée n’auraient pas de raison d’être. C’est le fruit d’un mécanisme de consentement inconscient : l’individu de bonne volonté pense qu’il n’a rien à cacher et qu’il concourt à un effort de transparence pour le bien commun. Snowden a attiré l’attention sur l’utilisation des données et les métadonnées personnelles, collectées et utilisées, voire usurpées, à ces fins :
« Lorsque vous dites « le droit à la vie privée ne me préoccupe pas, parce que je n’ai rien à cacher », cela ne fait aucune différence avec le fait de dire « Je me moque du droit à la liberté d’expression parce que je n’ai rien à dire », ou « de la liberté de la presse parce que je n’ai rien à écrire ». »8

La véritable question – qui n’en est pas une – est la suivante : le débat sur les fake news n’est-il pas lui-même un faux débat ? Cet épiphénomène est l’équivalent d’un sophisme, qui travestit une réalité bien plus complexe.
Dans tous les cas, ce n’est que par l’expérience de la démocratie et d’une liberté relative – qui en est une part constitutive essentielle – et donc de la liberté d’expression, que l’individu peut à la fois se responsabiliser et s’émanciper. Chez Aristote, Bergson, ou encore chez Nietzsche, l’individu ne gagne en conscience que s’il peut faire l’expérience du choix, et donc de la liberté. Les solutions proposées par différents penseurs reviennent généralement à renforcer l’éducation, afin de favoriser le discernement, la rationalité et l’esprit critique. Toutefois, rien ne nous assure que même en état de connaissance des choses, un individu fasse le choix de la vérité. La folie est présente dans la raison, comme le mensonge est présent dans la vérité. Jamais l’être humain n’a dit et cru à ce qui serait la vérité ; il est probable qu’une société sans mensonge ne résiste pas. C’est pourquoi il est au fond très étonnant de s’étonner de l’existence des fake news. Le mensonge est une catégorie anthropologique et, même, un mécanisme d’adaptation intelligent.

La vérité n’est donc ni implicite, ni donnée : le travail de recherche de la vérité demande rigueur et discipline. Il faudrait en effet procéder d’une généalogie, voire d’une archéologie des sources, et faire preuve d’un sens critique à toute épreuve. Selon Badiou, nous avons besoin d’« une discipline de pensée subtile et nouvelle »9 ; selon Chomsky, d’une méthode d’auto-défense intellectuelle, visant à l’émancipation des individus.

En réalité, tout au plus, nous nous rapprochons de la vérité, mais celle-ci est toujours variable, subjective, multiple. Et si l’homme l’a toujours recherchée, c’est bien parce qu’elle lui échappe toujours. La vérité est-elle un mythe ? Et les lanceurs d’alerte sont-ils devenus les héros mythiques des temps modernes ? Espérons-le car, plus que jamais, nous avons besoin de nouveaux mythes, pour réinsuffler du sens, du savoir, et de la responsabilité.


1. Gorgias, Platon (trad. Monique Canto-Sperber), Ed. Flammarion, coll. « GF », 2007, 458a-b, p. 148
2. La République, Platon (trad. Georges Leroux), Ed. Flammarion, coll. « GF », 2002, I-331-c, p.79.
3. Michel Foucault, 2004. Sécurité, Territoire, Population. Cours au Collège de France, 1977-1978. Paris : coll. des Hautes Etudes, Ed. Gallimard-Seuil.
4. Des chercheurs en sciences politiques, Brendan Nyhan (Dartmouth College), Andrew Guess (Princeton University), Jason Reifler (University of Exerter), se sont penchés sur l’influence supposée des fake news dans les élections américaines. Cf. Selective exposure to misinformation : evidence from the consumption of fake news during the 2016 U.S. presidential campaign. Rapport consultable en ligne.
5. Étude sur l’impact des fake news réalisée par le M.I.T (Massachussets Institute of Technology), portant sur 126 000 informations entre 2006 et 2017, diffusées par 3 millions de personnes plus de 4,5 millions de fois. L’étude, qui atteste qu’une fausse nouvelle est partagée 70 % de fois plus souvent et 6 fois plus vite qu’une vraie information, a été publiée par la revue Science le 09 mars 2018 (Vol. 359, Issue 6380, pp. 1146-1151).
6. Dufourmantelle Anne, 2011. Éloge du risque. Paris : Ed. Payot, p.90.
7. Chomsky Noam, Herman Edward, 2008. La fabrique du consentement : de la propagande médiatique en démocratie. Marseille, Éd. Agone.
8. Propos d’Edward Snowden dans Citizensufour, film de Laura Poitras, 2015.
9. Badiou Alain, 2009. L’éthique : Essai sur la conscience du mal. Caen, Éd. Nous, p.12.

Les intérêts d’Aurore Nerrinck se situent à la croisée de l’art, de la philosophie et de la poésie. Elle passe son temps à réfléchir au sens de la vie, à décortiquer le pourquoi du comment, à parler d’éthique et de métaphysique. Elle est désespérément idéaliste mais absolument nihiliste et sceptique.